L’heure du bilan

Impossible dans l’avion d’ouvrir mon ordinateur pour écrire mon dernier article. Les dernières heures avec Simon ont été trop éprouvantes et les larmes coulaient encore pendant les longues heures de vol qui me ramenaient en France.

Pour ne pas penser à la  séparation nous avons passé notre dernière journée sur une île au large de Perth, Rottnest Island. Nous avions perdu l’habitude de voir un lieu aussi peuplé de touristes. Nous avons fait du vélo, de la plongée sous-marine et nous avons rencontré d’adorables créatures, des quokkas.

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Ça fait maintenant cinq jours que je suis rentrée. Les larmes se font plus rares et les retrouvailles avec mes proches me permettent de ne pas trop penser à la vie trépidante que j’ai menée ces derniers mois.

A l'aéroport

A l’aéroport

Il est temps pourtant de mettre un point final à cette belle aventure. Faire le bilan n’est pas un exercice facile. Par où commencer ? Comment ne rien oublier ?

Avant tout peut-être, je devrais sûrement m’excuser pour toutes les fautes d’orthographe qui ont du faire mal aux yeux et grincer des dents. Cette année à l’étranger ne m’aura pas rendue moins étourdie.

Cette décision de partir fut l’une des plus importantes de ma vie. Je n’ai absolument aucun regret de l’avoir fait et je pense même que quelque chose a changé en moi.

Je suis fière d’y être parvenue. Vivre tant de choses différentes en un an fût tellement enrichissant.  J’ai le sentiment d’avoir acquis plus de confiance en moi en m’ayant prouvée que j’en ai été capable.
J’ai moins peur d’affronter des difficultés de la vie.  J’ai envie de ne plus dramatiser à la moindre contrariété. D’arrêter de m’imposer des choses contraignantes et de laisser libre cours à mes envies.

Ce voyage a donné un sens à ma vie. Voyager, découvrir, comprendre, apprendre, en un an j’ai eu l’impression d’évoluer plus qu’ en 5 ans de vie à Paris. Avant de partir en Australie, j’étais stressée, j’avais des crises d’eczéma, je n’arrivais pas à dormir en pensant à l’année qui m’attendait. De l’Australie, j’ai vécu la même chose en repensant à mon retour en France. S’enfermer dans un bureau et y passer la journée alors qu’il y a tellement de belles choses à découvrir dehors. C’est sûrement ce que j’appréhende le plus et j’espère que mes chers collègues supporteront mon regard absent vers la fenêtre et mes longs soupirs nostalgiques.
Au moins, mon retour est confortable. Je n’ai pas besoin de faire ce que j’ai le moins aimé en Australie : chercher du travail. J’ai la chance de retrouver un emploi mieux payé et plus stimulant que la plupart des petits jobs qu’on est amené à faire en Australie.

Au final tout ce sera parfaitement orchestré.

En France d’abord, avec l’acceptation sans encombre de mon congé sabbatique. Pas besoin aussi de courir partout dans Paris à la recherche d’un appartement. Je retrouve le confort de mon petit studio que j’ai réussi à sous-louer.

En Australie, où j’ai réussi à trouver des moyens pour être logée gratuitement. J’ai trouvé des compagnons de route pour partir en road trip dans le centre rouge. J’ai trouvé du travail. J’ai vécu en colocation avec des australiens. Je suis montée a cheval. J’ai vu à quoi ressemblait le travail à la ferme. J’ai fait de magnifiques rencontres. J’ai vécu une belle histoire avec un australien. J’ai profité de la proximité avec certains autres pays pour y faire quelques excursions. J’ai progressé en anglais. J’ai vu des paysages magnifiques. J’ai vécu à la ville, j’ai vécu à la campagne. J’ai fait du surf et de la plongée sous-marine. J’ai eu l’occasion de faire pleins de choses diverses et variées sans jamais avoir eu le sentiment de rencontrer le moindre obstacle.

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Mon niveau d’anglais est meilleur qu’avant. Certes je ne rêve pas en anglais, j’ai parfois du mal à comprendre quand on me parle,  je fais encore beaucoup d’erreurs, j’ai souvent besoin de penser en français avant de parler en anglais mais au moins j’arrive à parler de tout. Les derniers mois avec Simon ont été déterminant dans ma progression.

A la question n’étais-je pas trop vieille pour faire un working holiday visa en Australie quand la moyenne d’âge tourne plutôt autour de 25 ans ? Je répondrais que même si je me suis sentie parfois franchement en décalage avec les délires adolescents de beaucoup d’entre eux, j’ai aussi été particulièrement impressionnée de rencontrer certains jeunes particulièrement matures. Bien plus que je n’aurais pu l’être à leur âge. Les années ne font parfois aucune différence. Enfin, à 31 ans on a souvent plus d’argent qu’à 21. Mes économies, contrairement à beaucoup de gens rencontrés, m’ont permis de ne jamais connaître de moments difficiles.

Les deux seuls choses restées un peu en suspend furent de ne pas avoir fait le tour complet de l’Australie et de n’avoir pas été plus en contact avec les communautés aborigènes. La plus grosse déception, découvrir l’une des plus belles plages du monde, les Whitsundays, sous la pluie.

Les meilleurs souvenirs seraient trop long à tous énumérer, et j’en oublierais sûrement. Beaucoup de petits plaisirs simples : me baigner dans l’océan bleu et chaud à Byron bay ; rentrer en vélo en plein milieu de la nuit, sous l’air doux de Melbourne sans un chat dans les rues après une soirée un peu arrosée ; partir à trois en pick-up explorer les magnifiques paysages de la péninsule de Fleurieu ; être en haut de Kings Canyon avec pour seul bruit le chant d’un oiseau qui fait écho dans les ravins ; parcourir en 4×4 des routes de terre en traversant les épaisses rainforest que seuls les rayons du soleil peuvent pénétrer ; se sentir minuscule au pied d’Uluru et s’ébahir devant l’immensité d’un si grand rocher ; courir seule sur d’immenses plages presque désertes ; caresser des raies pastenagues qui viennent curieuses, rencontrer les humains au bord de l’eau … Tellement de petits moments incroyables.

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Ce fut aussi l’occasion de faire des choses que je n’aurais jamais pensé faire : conduire un tracteur, tenir un serpent et un bébé crocodile, dormir seule dans une tente en plein bush, monter à cheval pour rassembler un troupeau de vaches, conduire un 4×4 sur une plage immense, travailler dans une pâtisserie, récupérer le miel dans une ruche…

Je vais espérer très fort que Paris ne m’engloutira pas. Essayer de garder le sourire quand tout le monde fait la gueule, parler à mes voisins, ne plus être sur la défensive si un inconnu me parle, soigner mon hygiène de vie, rendre service si je le peux et ne plus vivre dans l’uniformité.

J’essayerai maintenant d’apprécier chaque bon moment de la vie. Et si par malheur Paris me rattrape, je repenserais à l’Australie.

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De Busselton à Esperance

C’est sous un ciel toujours aussi bleu que nous quittons Perth à bord de notre petit camper-van. Première destination : Busselton. Une station balnéaire connue pour sa jetée de 1841 mètres (la plus longue de l’hémisphère sud). Je suis impatiente de prendre la route, mais en chemin il faut d’abord s’arrêter faire quelques courses. Les faire avec Simon n’est pas une partie de plaisir. Faire le plein de vivres avec un intégriste du bio qui accorde autant d’importance à la nourriture (c’est aussi pour cette dernière raison que l’on s’entend si bien) peu vite tourner au cauchemar même si au fond, ça m’amuse tout de même un peu. Je trépigne sur les trois minutes passées sur chaque produit. Il y en a une cinquantaine.

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Avant d’atteindre Busselton nous faisons une petite pause au Yalgorup National Park pour y observer des thrombolites. Ces organismes vivants semblables à de la roche descendent des plus vieux de la planète.

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La végétation n’a plus rien à voir avec le nord de la Nouvelle Galles du sud. Tout est plus sec, on comprend mieux pourquoi les incendies sont si fréquents. Les forêts sont moins denses et moins humides. Les eucalyptus sont principalement les seuls arbres que l’on rencontre.

Nous arrivons à Busselton pour l’heure de l’apéro. La mer sans vague offre une eau parfaitement claire. Après avoir dégusté un toast au fromage avec un bon de verre de vin nous marchons un court instant sur cette interminable jetée.

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Une demi-heure avant le coucher du soleil, nous arrivons à Yallingup où nous allons passer la nuit dans un camping au bord de la plage. Je prends mon premier bain en western Australia pendant que le soleil se couche sur la mer. L’eau est un peu plus froide qu’à Byron mais elle est encore plus claire. Avec de l’eau au-dessus de la taille je peux voir mes pieds sans avoir l’impression d’être dans la mer.

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Simon est bien parti pour préparer le repas matin midi et soir. Je n’ai pas vraiment l’intention de m’y opposer quand je vois à quel point ça semble lui faire plaisir, et puis je ne m’y risquerais pas tant il est exigeant et difficile. Au moins ce qu’il cuisine est chaque fois très bon.

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Le lendemain il se lève à l’aube pour aller vérifier si la mer est surfable. C’est le seul compromis qu’il a négocié pour ce road trip au sud de Perth. Il est prêt à aller où je veux du moment qu’il peut surfer de temps en temps. Malheureusement ça s’annonce mal. Les vagues sont trop petites et Yallingup est l’un des seuls endroits de la région qui ne soit pas trop fréquenté par les requins. Je n’ai pas vraiment envie de passer 8 jours ici en attendant les bonnes vagues.

Nous quittons finalement Yallingup et partons dans les alentours de Margaret River. Nous avons découvert la magnifique plage de Bunker Bay. Une plage quasi déserte, abritée du vent avec une eau bleue turquoise.

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De l’autre côté du Cap Naturiste, les plages sont plus exposées. Le surf est meilleur voir même assez dangereux. N’ayant toujours pas de surf nous avons dû nous contenter d’observer les surfeurs.

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Si la région de Margaret River est connue pour ces belles plages elle est aussi réputée pour son vin. Le long de la route, les eucalyptus se font parfois discrets pour laisser la place à de longues étendues de vignes. Évidemment nous nous sommes arrêtés faire quelques dégustations. Dans l’un des vignobles, nous avons aussi pris le temps de déjeuner. Sous les conseils d’un ami à Simon nous sommes allés à Voyager Estate. Un domaine parfaitement entretenu, avec une roseraie et un potager, un gazon fraîchement tondu, une bâtisse imposante et un drapeau australien érigé à l’entrée du domaine. Le propriétaire est paraît-il très patriote.

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Les régions viticoles sont souvent associées à une bonne gastronomie. Aussi le repas servi lors du menu dégustation que nous avons choisi était excellent. Je ne suis pas sûre d’avoir mangé quelque chose d’aussi bon de toute ma vie. Je n’aurais pas imaginé que ça arriverait en Australie. Six plats, pas trop copieux, nous sont servis accompagnés chaque fois d’un vin différent. Ce fut un peu cher mais c’était dérisoire par rapport à ce que ça aurait coûté à Paris (au moins deux fois le prix). Je n’oublierai jamais cette expérience gustative. Le déjeuner a duré trois heures. Repus nous sommes allés nous allonger dans le jardin avec vue sur les vignes pour une petite sieste digestive.

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Nous avons passé la nuit dans un national park. Pas de douche, toilettes sèches (ou bush toilets) mais un endroit paisible loin de la route où l’on peut observer les étoiles et écouter les chouettes. Les nuits sont fraiches ici, je suis bien contente d’avoir gardé un pull pour les soirées et les matins où il est dur de sortir de ma couette.

Nous retrouvons la mer bleue et claire à Hamelin Bay où nous allons faire une agréable rencontre. Nous marchons le long de la plage et nous apercevons un petit groupe de personnes s’agiter au bord de l’eau. Une femme nous tend des poissons congelés et nous invite à les agiter dans l’eau pour faire venir les raies. Dix minutes plus tard, alors que je commençais à ne plus trop y croire une petite raie de 80 centimètres d’envergure approche timidement. On m’explique alors qu’il faut disposer le poisson sur le plat de la main et la glisser entre le sable et la raie. Sa bouche étant en haut de son ventre, il lui suffit juste d’aspirer le poisson dès qu’elle le sent. Nourrir cette magnifique créature aussi familière fut un moment extraordinaire. Quelques instants plus tard, plusieurs autres raies ont fait leur apparition dont une plutôt impressionnante. J’ai été surprise en les caressant de constater que leur peau était si douce.

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Plus éloignées de la côte, il y a dans la région de magnifiques forêts. D’immenses eucalyptus qui font parfois plus de 60 mètres de hauteur ont poussé. L’un d’eux, le Gloucester Tree est équipé de longs barreaux en colimaçon jusqu’à la cime. J’ai gravi les 53 mètres jusqu’à la passerelle d’observation. Je n’avais aucune protection si bien qu’une fois redescendue j’étais assez fière de l’avoir fait.

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Triste paysage sur le retour vers la mer. Un récent incendie a tout ravagé. L’odeur du bois brûlé est encore très présente. Les troncs sont noirs et les feuilles roussies par la chaleur. Il faudra du temps pour que cette partie de la forêt reprenne ses couleurs d’avant. Sur les bas-côtés, quelques timides fougères commencent tout juste à renaître.

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Nous sommes en direction de Denmark. Nous aimons tellement cet endroit qu’arrivés là-bas nous décidons d’y rester deux nuits. Simon a enfin trouvé un endroit où il pouvait surfer. On nous donne les coordonnés d’un certain Mike Neunuebel (dont le nom figure aussi dans le lonely planet) qui pourra nous louer une planche.

La plage est belle mais il y a beaucoup d’algues dans la mer. J’en retrouverai dans mes cheveux encore deux jours plus tard.

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Après une nuit en camping, où l’on a pu assister à un combat entre deux kangourous, nous contactons Mike qui nous donne rendez-vous chez lui pour récupérer la planche. Avant de partir surfer il nous propose de garer le camping-car chez lui pour y passer la nuit. Bien sûr nous ne rechignons pas devant une nuit gratuite si gentiment proposée.

Après une petite séance de surf nous partons déguster quelques bons fromages dans une laiterie à proximité. Camembert, brie, Boursin et autres fromages à pâtes dures, je ne suis pas dépaysée de mon pays. Le pain est bon mais ça ne vaut pas une bonne baguette. C’est ce que j’apprécierai le plus lors de mon retour en France.

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On est retourné surfer le soir, puis le lendemain après notre nuit chez Mike. Cette fois ça y est, c’était la dernière fois que je surfais en Australie.

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Nous conduisons en plein bush. Je n’avais pas revu ce paysage depuis longtemps : chaussée orange et buissons arides à perte de vue.

La route est longue. Je suis heureuse d’arriver à notre prochain campement : Bremer. Avant de regagner le camping, nous admirons du van le coucher de soleil sur la mer. Un verre de vin à la main, le spectacle est extraordinaire.

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Le lendemain j’ai un peu du négocier avec Simon la dernière étape jusqu’à Esperance. Quatre heures et demie de route pour voir des plages sous un temps incertain n’était pas facile à vendre. Il a cédé devant mon air de chat potté et nous sommes partis sur une route interminable en plein bush. Je scrutais la moindre éclaircie en priant pour que le temps s’améliore.

Peu de temps avant Espérance nous avons bifurqué sur la Great Ocean Drive. Une route qui longe le littoral et offre une vue spectaculaire sur de grandes étendues de plages. Même sous un temps gris la couleur de l’eau était d’un bleu turquoise. Nous avons aperçu quelques dauphins au loin.

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Sur la route se succédaient plusieurs plages idylliques toujours aussi désertes. Nous avons fait une longue pose sur Blue Haven, un havre bleu qui porte bien son nom. Nous étions complètement seuls sur la plage. Entre deux bains dans une eau transparente et sous un ciel plus clément nous avons pique-niqué sur un gros rocher.

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Avant de prendre la route du retour, nous avons fait un bref passage dans la petite ville d’Esperance. Un endroit agréable et pourtant si loin de tout. Simon, a qui j’avais dit que les plages d’Espérance étaient soi-disant les plus belles d’Australie, n’a pas regretté d’avoir fait ce long trajet. D’autant plus que le coucher de soleil sur le retour en valait la peine.

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Il est temps de repartir pour Perth. Plus de 700 km nous attendent sur une route en plein bush sans réception radio ni internet.
La région était fantastique. Ces neuf jours étaient parfaits, aussi bien avec Simon qu’avec le reste. Ces vacances vont rendre nos adieux encore plus difficiles.

Nous faisons juste une halte pour voir la Wave Rock, une formation granitique d’environ 60 millions d’années. Formée par l’érosion, elle reproduit la forme exacte d’une vague de 15 mètres sur le point de déferler. Quelques agaçantes mouches viennent nous tourner autour, ça me rappelle beaucoup ses moments passés avec Maya, Alexis et Jens en road trip vers Kings Canyon.
C’était ma dernière vague ici et comme mes souvenirs de l’ouest australien, elle restera figée bien des années encore.

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Perth : retour à la ville

De retour dans une grande ville : Perth. Nous trouvons un petit backpacker calme avec une piscine dans laquelle je ne mettrai que les pieds en sirotant mon thé du matin. Simon qui salivait en pensant au petit déjeuner offert, a vite déchanté, malgré ma mise en garde, en ne voyant que des tranches de pain de mie blanc et de la confiture bon marché dans la cuisine. La vie en backpacker n’a plus aucun secret pour moi.

Perth est une ville très agréable. Pas un nuage ne vient tâcher le ciel bleu immaculé et le soleil tape fort.

La rue principale, avec tous ses commerces, me fait un peu penser à celle d’Adelaide. D’imposants buildings viennent côtoyer des bâtiments plus anciens. Certaines constructions sont cependant plus récentes qu’elles veulent ne le laisser paraître. Une rue entière semble tout droit sortie du moyen-âge. Dans les rues, les odeurs familières me rappellent des grandes villes d’Australie. Un mélange de Subway, de Mc Do et de fritures que j’avais déjà oublié.

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Simon et moi passons une bonne heure au Art Gallery of Western Australia. Byron Bay était génial sur presque tous les points mais la culture n’était pas son point fort. Art contemporain et peintures anciennes composent ce musée très intéressant.

Nous perdons une bonne partie de l’après-midi à régler un petit problème technique. Nous avons finalement pensé que la location d’une voiture et que les nuits en tente ne seraient pas des plus confortables. Nous avons donc laissé la tente et le matelas gonflable chez la compagne de Bill, le père de Simon et décidons de louer un camper van une fois arrivés à Perth. Louer à la dernière minute n’était pas forcément la meilleure idée. Nous peinons à trouver quelque chose de disponible et nous nous rabattons sur un petit camping-car, bien plus petit que celui de Nouvelle-Zélande, disponible seulement jusqu’au 1er avril. Nous devrons donc raccourcir notre road trip de quelques jours et passer un peu plus de temps à Perth avant nos départs respectifs dans nos contrés lointaines.

Nous passons une agréable soirée au Cultural Centre. Un lieu qui me rappelle Federation Square à Melbourne. C’est la Noodle Night et nous pouvons manger quelques plats typiquement asiatiques dans l’un des nombreux stands installés à cette occasion. Avons de déambuler dans une ruelle éclairée de lampions nous dégustons un verre de vin sur le toit d’un bar improvisé en plein milieu de la place centrale. Sur fond de musique lounge j’observe la population. Les filles sont plus chics qu’à Byron. Pas d’anglaises ou d’australiennes maquillées en poupées de porcelaine qui sortent en mini-jupe et décolleté avec des talons compensés de 15 centimètres. Je retrouve l’esprit de la ville, de Paris un peu où l’on sort dans des endroits branchés sans vraiment chercher à attirer les regards mais plutôt passer un agréable moment avec des personnes qu’on apprécie.

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Je n’aurais passé qu’une journée à Perth avant de partir demain en road trip dans le Sud-Ouest de l’Australie. C’était surement suffisant pour apprécier l’atmosphère de la ville. J’y serai de toute façon de retour dans quelques jours.

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Ma dernière semaine à Byron Bay

C’était ma dernière semaine à Byron. Ce soir, je prends l’avion de Brisbane pour le Western Australia, direction Perth.

J’ai du mal à réaliser que je vais quitter cet endroit.

Je n’entendrais plus les corbeaux, les pies, les kookaburras, les perroquets et tous les autres oiseaux au chant bien plus mélodieux qui viennent troubler mon sommeil lors de mes siestes occasionnelles.

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Je n’irais plus courir sur une plage qui ne semble appartenir qu’à moi pendant toute une heure de jogging.

Je n’aurais plus personne pour m’apporter mon thé et parfois mon petit déjeuner au lit ou pour me préparer de délicieux smoothies.

Je ne retrouverais plus Tima au Railway, au Ginger pig, au Northern ou au Beach hotel pour boire notre bière favorite la Stone & wood Pacific.

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Je ne mettrais plus les pieds dans ces bars sans ambiance remplis exclusivement d’australiens qui tentent désespéramment de gagner les plateaux viandes  ou de faire fortune avec les courses des chevaux.

Je n’accompagnerais plus Simon dans les marchés locaux où l’on achète que de bons produits dans une ambiance détendue et musicale.

Je n’irais plus surfer dans la mer bleue et chaude de Broken head, The Pass ou Wategos.

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Je ne verrais plus l’aigrette qui tente de pêcher quelques poissons dans le Tea tree lake pendant que je me baigne dans la mer et que le soleil se couche.

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Voilà à peu près ce que j’ai continué à faire lors de ma dernière semaine à Byron Bay.

J’ai aussi fait de nouvelles rencontres, découvert de nouveaux lieux où sortir. J’ai fini en beauté en passant une merveilleuse dernière soirée avec 3 françaises géniales.

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J’ai un peu progressé en surf mais pas assez à mon goût. J’aurais aimé avoir le courage d’affronter les vagues de côté avant qu’elles ne se cassent violemment. Je n’ai pas pris un tube mais je m’en suis pris un. Quand j’ai vu un rideau d’eau tomber devant mes yeux j’ai compris que j’allais passer un sale moment. Et effectivement j’ai eu l’impression de passer les interminables secondes qui ont suivi dans une machine à laver.

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Vivre deux mois à Byron Bay fut une merveilleuse expérience. J’ai mené la belle vie sans travailler. Après tout je n’aurai quasiment pas de vacances pendant l’année qui s’annonce, je n’ai donc pas tellement mauvaise conscience de me l’être coulée douce. D’ailleurs dans un mois, j’aurai repris le travail.

J’espère que les deux semaines dans les alentours de Perth concluront en beauté la fin de ce périple. Je suis sur le point de faire mon sac, nous avons préparé l’équipement de camping. Certes je suis un peu triste de quitter Byron mais je suis aussi très impatiente de découvrir une partie de l’Australie qui m’est encore inconnue.

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La malédiction des piqûres

La voisine d’à côté a quelques ruches sur sa terrasse. Une fois tous les trois mois elle doit récupérer le miel. Simon et moi avons donc eu l’opportunité de l’aider à prélever le précieux nectar et d’en apprendre un peu plus sur l’apiculture.

Équipés de combinaisons spéciales par dessus nos pantalons, chaussettes, chaussures et tops à manches longues nous nous sommes aventurés près des ruches bourdonnantes.

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Un enfumoir à la main j’ai alors tenté de les éloigner pendant que Simon soulevait le couvercle de la ruche. Le couvercle était couvert de cire, de miel et d’abeilles. Nous l’avons mis de côté pour laisser le temps aux abeilles de s’en aller et récupérer plus tard la cire et le miel. Il a ensuite fallu retirer les grilles pleines de miel en veillant avec une brosse à ce qu’aucune abeilles ne restent collées dessus.

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L’ambiance de la première ruche étaient plutôt détendue. Les abeilles n’étaient pas agressives et ne semblaient pas être trop mécontentes qu’on les dérange en plein travail. En revanche la seconde ruche fut moins docile. Elles ont commencé à être très bruyantes puis très énervées. La plus téméraire a décidé d’attaquer Simon. Les abeilles étant très sensibles aux odeurs, elles sont devenues hystériques dès les premières émanations de transpiration. 28 degrés dehors, habillés de la tête aux pieds et le tout recouvert d’une combinaison d’astronaute ne pouvaient pas nous laisser complètement secs. Elle l’a piqué à travers sa combinaison. Et comme une abeille qui défend sa ruche émet une phéromone en piquant appelant ses congénères à faire de même, le pauvre Simon s’en ai sorti avec 9 piqures d’abeilles. Dont une à la main et sur le lobe de l’oreille qui les a fait doubler de volume. Je m’en suis sortie indemne. Sûrement parce que j’avais l’enfumoir à la main et que je n’étais pas sur le front à récupérer les grilles dans la ruche.

Avant de savoir ce qui l'attendait...

Avant de savoir ce qui l’attendait…

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La malédiction des piqûres m’a rattrapée le lendemain mais cette fois, ce ne fut pas par des abeilles…

Le jour suivant donc, je pars ma planche sous le bras sur la plage de Broken head. Il n’y a quasiment aucun surfeur dans la mer car les vagues ne sont pas bonnes. Ramer avec mes bras me fera du bien. Un peu d’exercice est toujours le bienvenu. Je ne prends presque aucune vague. Après que la dernière m’est poussée de plusieurs mètres je m’allonge sur ma planche et je repars à l’attaque. Subitement je sens quelque chose qui me brûle de plus en plus sur la jambe. Pas de doute ça ne peut être qu’une méduse. Rapidement je saisis ce qui me fait si mal et le jette le plus loin possible. Un long filament bleu s’était enroulé autour de ma jambe et restait collé à ma peau comme du velcro. C’était une blue bottle, une sorte de petite méduse qui ressemble à un bulle de plastique prolongée d’une fil bleu. Ma main n’a pas apprécié non plus et une fois au bord les piqûres me brûlaient vivement sur les deux parties de mon corps.

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Sur le retour, j’ai un peu paniqué car j’ai eu d’étranges douleurs en haut de la jambe et sous le bras. On s’est arrêté dans une pharmacie pour trouver de quoi calmer la douleur. A la maison j’ai frotté la plaie avec du vinaigre blanc. Deux heures plus tard, les rougeurs et la douleur étaient parties.

Cette petite anecdote aquatique m’aura un peu refroidie et j’avoue appréhender un peu ma prochaine session de surf.

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La vie à l’australienne

Les jours et les semaines passent trop vites. C’est déjà l’automne en Australie. Des feuilles mortes jonchent le sol autour de la maison mais le temps est toujours aussi estival. Hier nous avons frôlé les 38 °C.  On prend au minimum quatre douches par jour tellement le moindre effort nous fait dégouliner de sueur. Les ventilateurs tournent à fond et j’évite de sortir de la maison entre 11h et 14h. Les occasions d’aller se rafraîchir dans la mer ou au Tea tree lake ne manquent pas. C’est toujours un pur moment de bonheur. J’ai découvert de grandes plages quasi désertes accessibles par des routes en terre accidentées.  Certes on a aussi de belles plages en France mais ici c’est plus grand, il y en a donc plus, elles sont moins fréquentées et l’eau est chaude.

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Je suis ici depuis un mois et demi et je vis au rythme des habitants de Byron. Je commence à avoir mon réseau. Grâce à Simon, j’ai mon réseau australien, grâce à Tima j’ai mon réseau de backpackers. Quand je sors au Railway, mon bar favori, j’y retrouve des amis et amis d’amis. Certes Byron est une petite ville, il est donc plus facile de retrouver les mêmes têtes tous les soirs.

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Dans les bars, dans les rues et même dans les marchés, c’est toujours la fête de la musique. Il y a des groupes partout à tous moments de la journée. L’ambiance est détendue, les gens sont plutôt écolos.  Beaucoup de bobos, ou plutôt des « Chardonnay hippies » comme on les appelle ici.

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J’ai rencontrée beaucoup de filles sympathiques depuis que je suis en Australie mais à part Maya, je n’ai jamais créé de liens forts avec celles-ci. Mes bonnes copines de France m’ont parfois beaucoup manquées. Tima sera ma seconde belle rencontre féminine. On est différente mais on a aussi beaucoup de points communs. Le feeling passe vraiment bien et je suis contente d’avoir eu l’opportunité de mieux la connaître.

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Elle habite la dépendance d’une maison magnifique dans les terres de Byron Bay. Les propriétaires ne sont pas souvent là et nous venons faire des barbecues en profitant de la terrasse, du jardin et de la piscine semi-enterrée qui donnent sur des collines verdoyantes où les vaches viennent parfois nous côtoyer de près.

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Je continue à surfer, nager, courir, bronzer, bouquiner, geeker, siester, observer les lézards  dans l’arrière cour… J’ai la belle vie à Byron bay. Ça m’a d’ailleurs donné envie d’adopter de bonnes résolutions après mon retour en France : changer ma façon de manger (essayer de manger bio plus souvent, arrêter de penser 4 heures avant à ce que je vais me faire pour le diner, me faire des petits-déjeuners salés et des assiettes composées pour le dîner), améliorer mon hygiène de vie (ne pas sortir tous les soirs, me coucher plus tôt et diminuer l’alcool), faire du bien à mon corps (peut-être me mettre au Yoga en complètement d’un autre sport) et fuir Paris plus souvent pendant les week-ends. Je me fais rire en me relisant. Je me connais et je me demande si ça sera vraiment réalisable. La vie parisienne nous rattrape vite et les bonnes résolutions sont toujours très dures à tenir. Pourtant j’ai envie d’y croire ou du moins profiter de cette expérience en Australie pour changer un peu mon ancienne façon de vivre.

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Certes si je n’avais pas fait ce choix de rester à Byron Bay, je serais sûrement quelque part en road trip sur la côte Ouest à découvrir d’autres fabuleux paysages. D’un autre côté, vivre en immersion avec des australiens, s’établir dans une ville, expérimenter la vie à l’australienne me permet non seulement de pratiquer mon anglais mais aussi de connaître plus en profondeur ce pays qui m’accueille.

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Chronique de Byron Bay

De retour à Byron bay, et cette fois pour un petit bout de temps. Après Cairns et Melbourne je fais ma troisième halte de plus d’un mois. Je ralentis petit à petit ma vie de nomade avant le grand, l’ultime retour.

C’est une vie bohème et assez oisive que je mène à Byron. Finalement, comme à chaque fois que j’y ai mis les pieds. Pas vraiment de découvertes à énoncer dans cette page mais de petites anecdotes de ma vie quotidienne aux antipodes.

25 janvier

Je retrouve Tima, une connaissance de mon club de boxe. On s’était raconté nos projets communs de voyage dans les vestiaires et avions envisagé de se retrouver en Australie. Tima est arrivée il y a un mois. Elle est au tout début de son WHV. Elle cherche du travail sur Byron. Quelques heures de ménage par ci par là lui garantit une paie qui lui permet tout juste de s’alimenter et se loger. Byron Bay est aussi très convoité par les australiens. La concurrence est rude. Il faut s’armer de patience et ne pas se décourager pour pouvoir percer ici.

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26 janvier

Simon et moi partons fêter l’Australian Day chez des amis à lui qui habitent à Gold Coast. L’Australian Day c’est un peu comme notre 14 juillet. Les australiens célèbrent l’anniversaire du 26 janvier 1788 où les premières flottes européennes sont venues à Sydney pour envahir l’Australie. Sûrement le jour que déteste le plus les aborigènes…

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27 janvier

Nous partons visiter Cold Coast et à côté, Surfer Paradise (si si c’est bien le nom d’une ville). Des plages parfaitement entretenues, des vagues adaptées à tous types de surfers mais aussi d’énormes buildings tout le long de la côte. Le cachet sauvage de l’Australie a complètement disparu sous des amas de constructions résidentielles.

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28 janvier

Je découvre la meilleure crème glacée que je n’ai jamais mangée. Si seulement je pouvais retrouver la même en France…

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29 janvier

J’ai un deal avec Simon et ses colocs. Je ne paie qu’un loyer dérisoire de 60 dollars par semaine (chacun paie  en moyenne 190$ ) et  je nettoie la maison.

Le jeudi je passe donc l’aspirateur, la serpillière et je m’attelle à la salle de bain que les 3 autres filles de la maison se partagent. Je n’ai alors jamais vu une salle de bain aussi dégoutante de toute ma vie. La crasse et la poussière sont omniprésentes et des odeurs nauséabondes se répandent dès que je frotte. Je retourne réclamer à Simon la brosse dont je ne pensais pas avoir besoin. Je nettoie les toilettes à la lame de rasoir. Au moins pour une fois, la différence avant/après est incontestable et plutôt gratifiante.

Seul Jonas, l’espagnol qui a pris tout récemment la place de la polonaise, vient me remercier.

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Jonas

31 janvier

Le bonheur de se baigner dans de l’eau bleue à 24 degrés quand il en fait plus de 30 à l’extérieur. Pouvoir y rester une éternité. Faire la planche en regardant passer les mouettes. Plonger dans les vagues vigoureuses et nager dans de l’eau clair et salée.

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3 février

Ce soir je retrouve Coco et Maxime, deux autres membres de mon club de boxe. Ils sont juste en vacances et passent la soirée à Byron Bay. J’emmène Simon en espérant qu’il ne s’ennuiera pas trop. Il ne parle pas un mot de français. Finalement nous passons tous une chouette soirée où l’anglais a pris le dessus sur toutes nos conversations.

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6 février

Pour ne pas passer un jour sans faire un peu d’exercice, je pars courir les jours où je ne vais pas surfer. Parfois il arrive que les vagues ne soient pas bonnes où que l’eau soit infestée de méduses. Je dois alors troquer mon long board avec mes baskets.

Musique dans les oreilles je ne dois courir que 5 minutes dans le sable sec en partant de la maison avant d’atteindre la plage. J’ai le choix entre aller à gauche vers le phare ou à droite vers Broken Head où j’ai l’habitude d’aller surfer. Il n’y a pas d’autres endroits que la plage où je préfère aller courir. Le sable mouillé et dur est parfait pour amortir mes foulées, l’air qui entre dans mes poumons est pure et iodé, et chaque fois j’ai de quoi me distraire en observant l’environnement qui m’entoure. Un kangourou ou une fourmi géante sur le chemin qui mène à la plage, des méduses échouées de différents types, un crabe avec des mosaïques sur la carapace, un rapace dont l’envergure fait facilement plus d’un mètre… Courir ne devient alors plus une contrainte.

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7 février
Pas mécontente de ma tarte fruits rouges qui fût très appréciée. Et oui j’ai beau être en Australie, je n’ai pas perdue mes bonnes habitudes d’apprentie pâtissière.

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8 février
Extirpée tôt de mon sommeil pour aller surfer le mâtin où j’ai passé 2 heures dans l’eau. Copieux déjeuner ensuite dans un pub où l’on paie des tickets de loterie pour gagner des kilos de barbaque.

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A 14h30 je me laisse tomber dans un matelas qui garde en mémoire les formes de mon corps. A 14h35 je dors déjà profondément. 2 heures de sommeil lourd pendant lesquelles je rêverais que je fais un feu de camp dans la chambre avec mon duvet et la couette. Tout ça parce qu’à côté de moi, l’encens allumé commençait à consumer quelque chose d’autre.
Je me fais réveiller car il est temps de prendre la route pour Caloundra. Je n’arrive pas à émerger. J’ai comme un poids sur moi qui m’empêche de faire le moindre mouvement. Je dors si bien ici. Peut-être ai-je accumulé des heures et des heures de fatigue durant ces 9 mois de voyage et que maintenant seulement je commence doucement à récupérer.

11 février

A 3 heures de Byron, il y a une petite ville qui s’appelle Caloundra. C’est là qu’habite le père de Simon, Bill. Appartement spacieux situé au 3ème étage d’un immeuble moderne, piscine, grande terrasse et vue sur la mer . Pas mécontente d’y passer quelques jours.

Lavery père et fils

Père et fils

Je fais la connaissance de Gilles et Yvonne, les voisins de Bill, deux français expatriés depuis de nombreuses années en Australie. Nous dinons régulièrement tous les quatre. Nous passons d’une langue à l’autre. C’est un peu troublant pour les deux anglo-saxons.

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Caloundra a une jolie plage mais c’est essentiellement une ville de retraités. Je n’y rencontre pas beaucoup de jeunes.

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13 février

Certes on mène une vie paisible à Byron mais pas complètement dénuée de dangers. Surfer est finalement un sport assez dangereux. Bien plus que la boxe par exemple où il ne m’est jamais rien arrivé. Il y a les requins déjà, mais la planche présente elle même un danger potentiel.

Nous partons donc surfer à Watergos. Les conditions n’ont jamais étaient aussi bonnes pour moi. Les vagues ne sont pas impressionnantes et largement surfables. Je prends la première sans difficulté et sur plusieurs mètres je glisse tout doucement quasiment jusqu’au bord de la plage. La deuxième m’emmène de la même manière et j’essaie alors de la prendre un peu sur le côté. L’écume trop forte de la vague me barre la route et je tombe avec douceur dans l’eau. J’ai le sourire quand j’émerge la tête de l’eau, satisfaite de mes deux premières vagues. J’ignore combien de secondes s’écoulent entre ce moment et celui où je reçois un choc sur la tête mais ça arrive à un moment où je ne m’y attends pas du tout. La planche de surf, éjectée en hauteur lors de ma chute, m’est retombée dessus. Je me hisse rapidement sur ma planche et je regagne le bord. Je pose ma main sur ma tête et  je constate que je saigne.

Je m’assois sur le sable en attendant Simon. Quand je me relève je commence à voir des étoiles. J’ai le cœur qui bat à toute vitesse. Simon arrive et voit que je ne vais pas bien du tout. Quelle sensation désagréable que d’être au bord de l’évanouissement. C’est très dur à décrire et la seule chose que l’on souhaite c’est soit que ça s’arrête soit de vraiment perdre connaissance. Une compresse sur la tête nous retournons à la maison. Quelques instants plus tard je vomis tellement le choc a été violent.

Par précaution nous allons aux urgences. L’occasion d’utiliser pour la première fois, mon assurance qui m’a couté une fortune. Dans la salle d’attente je papote avec un homme qui vient d’amener son ami, étranglé par le leash de sa planche de surf. Je l’ai croisé un peu plus tard, certes avec une minerve, mais il avait l’air plutôt en bonne santé.

On m’applique de la glue sur la blessure et je repars avec l’instruction de ne pas me mouiller la tête pendant au moins 4 jours. Plus de surf ni de baignade pendant tout ce temps. Ça va être dur.

Et Mélanie, arrête de voir des cochons d'Inde partout

Et Mélanie, arrête de voir des cochons d’Inde partout !

14 février

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16 février

Je ne peux toujours pas me baigner. Contrainte de rester à bronzer sur la plage. Pfffff…

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17 février

Je commence à cogiter de plus en plus sur mon retour. Je ne me suis pas endormie avant trois heures du matin la nuit dernière. J’ai fait une sieste sur la plage après avoir fait trempette dans le Tea tree lake. Il a comme son nom l’indique, la couleur du thé ou plus précisément du bois qui déteint dans l’eau. C’est un lieu sacré aborigène. Je m’allonge quelques instants dans l’eau et un banc de petits poissons curieux commencent à me chatouiller les pieds et les doigts. C’est amusant au début puis ça l’est beaucoup moins quand la taille au-dessus vient me mordiller le ventre.

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Sur le chemin du retour je me perds un peu dans mes pensées. Plusieurs choses commencent à me tourmenter. Quand je retrouve mes esprits je ne sais plus où je suis ni si je suis toujours sur le bon chemin. Je continue un peu et réalise que je suis presque arrivée.

18 février

Tima, Simon et moi partons pour les Killen Falls, des chutes d’eau à proximité de Byron. Nous parcourons un chemin boueux au milieu d’une rainforest dans lequel il m’a semblé croiser mes copines les sandflies. Nous avons donc accéléré pour tenter de les éviter le plus possible. Nous arrivons à un point d’eau dans lequel se jette une cascade d’une dizaine de mètres. Nous passons un bon moment à nous baigner et profiter de la chute d’eau.

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3 semaines déjà que je suis revenue de Nouvelle-Zélande  et pas un jour sans que je savoure et apprécie un moment de la journée. J’essaie d’en profiter car bientôt, tout ceci sera fini…

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C’est reparti sur l’île du sud

Le ferry se dirige lentement vers Picton. Là-bas nous débarquons sur l’île du sud. Les routes sont sinueuses et bordées de forêts denses.

Nous faisons une pause près d’un lac. Pendant que papa récupère une petite heure à l’arrière du camping-car je fais mon premier bain en Nouvelle-Zélande. L’eau n’est pas si fraîche. Et sans nuage, il peut faire vite très chaud dans le pays. Ces quelques brasses en compagnie des mouettes et des canards sont délicieuses.

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Le soir, dans le camp où nous allons passer la nuit, règne un silence total. On n’entend pas un oiseau, pas un insecte. L’endroit serait parfait si les sandflies ne venaient pas en masse nous attaquer les jambes. Ce sont des petites mouches communément appelées les Draculas de la côte Ouest. Leurs piqures sont moins douloureuses que celles des moustiques mais elles sont beaucoup plus nombreuses et je réaliserai plus tard que les terribles démangeaisons de leurs piqures font effet plusieurs jours après. Avant de partir de notre camp, je fais un véritable carnage contre les vitres. Sans scrupules je commence à massacrer toutes les sandflies avec un journal puis j’anéantis les rescapées une par une en les écrasants de l’index.

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A l’heure du couché, les moustiques cette fois sont venus hanter le camping-car. J’en tue une quinzaine. Pendant la nuit de nombreux survivants ne manqueront pas de venger leurs congénères.

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Les premières gouttes de pluie tombent sur le toit du camping-car. Jusqu’à présent chanceux avec le temps, nous n’avions pas imaginé que la pluie et les épais nuages pourraient venir nuire à notre voyage.

Nous devions consacrer cette journée à la découverte des glaciers Fox et Franz Joseph. C’est sous une pluie battante et une faible visibilité que nous parcourons plusieurs kilomètres à pieds. Le glacier a beaucoup réduit durant les dernières années. Toute la famille revient trempée de cette excursion.

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Nous faisons beaucoup de route l’après-midi. Nous ne croisons la présence d’aucune vie humaine. Les quelques villages dans lesquels nous nous arrêtons semblent complètement sinistrés. Il n’y a pas internet, pas de poubelles, pas de distributeurs automatiques de billets.

Le soleil refait enfin son apparition le lendemain. Nous admirons de magnifiques paysages le long des lacs. Les ombres des nuages colorent le flanc des montagnes de grandes taches sombres.

Nous faisons notre plus belle pause déjeuné non loin de Queenstown. Papa installe la table de pique-nique sur une petite butte qui surplombe un lac. Le soleil tape fort lorsqu’il n’est pas caché par les nuages.

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Le temps se gâte de nouveau l’après-midi. Un peu démoralisés nous décidons de nous payer le luxe d’un camping. Wi-fi, laverie, douche et vraies toilettes nous apportent un peu de réconfort. Jusqu’à présent nous avions du nous satisfaire de campings low-cost sans électricité.

Nous partons pour le fjord de Milford Sound. Des montagnes gigantesques s’élancent des deux côtés de la route. On se sent aussi minuscule que des fourmis.

Le temps ne s’améliore pas et nous hésitons longuement à prendre le bateau pour explorer le fjord. Bien sûr on nous vend la croisière en nous disant que les averses sont très courantes dans cette région de Nouvelle-Zélande et que les chutes d’eau seront d’autant plus impressionnantes lorsqu’elles viennent se jeter dans le fjord. Nous n’avons pas fait tout ce chemin pour rien et nous décidons donc d’y aller. Nous ne regretterons pas.

On y voit des phoques qui se reposent sur des roches au pied des falaises. On admire de magnifiques cascades qui parfois n’atteignent jamais le fjord en raison des fortes bourrasques de vent qui les transforment en embrun. Le bateau quitte le fjord et s’engouffre dans la mer. Celle-ci est agitée. Le bateau bondi sur des vagues qui font parfois des creux de 2,50 m. Nous faisons vite demi-tour et retournons naviguer à l’abri dans le fjord. Nous découvrons d’autres belles chutes d’eau qui ne rendront jamais aussi bien sur les photos qu’en réalité.

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Sur la route du retour, nous rencontrons arrêtés à l’entrée d’un tunnel des kéas. Peu effarouchés, ces ternes perroquets viennent nous rendre visite espérant que nous leur donnions quelques morceaux de pains. C’est en déployant leurs ailes, que nous pouvons apercevoir leurs plumes rouges vives qui se cachent sous leur plumage. Ces sympathiques oiseaux ne peuvent pas voler.

Nous quittons le temps pluvieux de la côte Ouest pour longer la côte vers l’Est. De longues plages désertes de sable noire s’étendent sur le littoral et des grosses vagues commencent à se former au large. Phoques, pingouins et dauphins sont visibles le long de la côte.

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Les Moeraki boulders rocks

Les Moeraki boulders rocks

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Je me fais brutalement réveiller pendant la nuit par d’horribles démangeaisons. Le venin de ces saletés de petites mouches qui m’avaient piquée quelques jours auparavant commencent à faire effet. Je les maudis tellement je me gratte, parfois jusqu’au sang.

Pendant que papa se repose de ces longues heures de conduite, maman et moi allons marcher le long d’un sentier qui nous mène à une plage. Nous l’atteignons en dévalant une dune. Au bout, des phoques se prélassent sur des rochers. Nous nous apprêtons à rentrer quand soudain maman me crie de regarder dans la mer. Une petite tête noire nage vers nous et dans la minute qui suit un impressionnant lion de mer commence à courir sur la plage. Maman ne perd pas une minute de la scène en filmant le mammifère qui est, à mon avis, un peu trop près de nous. Nullement impressionnée, maman continue à filmer. Contente de sa prise de vue, nous repartons impatience de montrer la vidéo.

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J’ai de nouveau de vives démangeaisons pendant la nuit. C’est toujours un des premiers sujets de conversations que nous avons le matin puisque je ne suis la seule à souffrir de ces nuisibles. J’en viens même à préférer les moustiques. C’est une torture.

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Les jours qui suivent sont les plus beaux souvenirs que j’aurais de la Nouvelle-Zélande. Notre route nous mène au Mont Cook. Sur le trajet, un lac d’un bleu turquoise presque surnaturel s’étend dans la vallée. Nous roulons jusqu’aux pieds du Mont et contemplons les neiges éternelles et les glaciers accidentés.

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Le soir, nous campons dans le plus beau site de notre voyage. D’où nous sommes, nous apercevons le Mont Cook et le lac en contrebas.

Comme chaque nuit mes piqures me réveillent. Alors que je commence à me gratter énergiquement mon regard dévie sur la fenêtre et j’aperçois dehors une fabuleuse voie lactée. Oubliant un temps mes démangeaisons je sors du camping-car en plein milieu de la nuit et je m’émerveille devant un ciel remplit de milliards d’étoiles.

Le lac Tekapo, un lac semblable à celui que nous avons vu la veille, se situe à quelques kilomètres de notre dernier campement. D’une petite église en pierre nous pouvons admirer la vue sur le lac du même bleu avec en fond des montagnes enneigées. Nous roulons sur une colline abrupte et atteignons un observatoire d’où la vue est imprenable.

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Nous déjeunons près d’un petit lac où nous ne croisons que des palmipèdes. Une colonie de canards nous encercle en mendiant quelques croutons. Même d’adorables canetons viennent se joindre à notre déjeuner.

Ça sera mon dernier bain dans le pays des kiwis. Le soleil tape et l’eau du lac rafraîchit. Elle est transparente et c’est de sable clair que le lac est tapissé.

Il ne reste plus beaucoup de kilomètres qui nous séparent de Christchurch. Ce qui signifie que c’est bientôt la fin de ce beau voyage.

Nous passons notre dernière nuit dans un camping à Geraldine. La veille nous avons diné au restaurant pour fêter notre dernière soirée. Nous avons testé des poissons locaux (saumon et morue bleue) ainsi qu’un vin du pays.

Nous rendons le camping-car. Il n’y a aucune complication alors que nous nous attendions au pire depuis notre dernière mauvaise expérience avec l’agence de location. J’accompagne papa et maman à l’aéroport. C’est l’heure des adieux. Je suis triste et j’ai la gorge serrée de les laisser après ces 3 semaines passées ensemble. J’ai vite envie de partir pour ne pas me mettre à pleurer. Il n’en faudrait d’ailleurs pas beaucoup à maman pour qu’elle-même verse sa petite larme.

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On s’embrasse en se disant à dans 2 mois. 2 mois… j’ai plus que jamais réalisé que la fin approchait en passant du temps avec eux. On a parlé de mon travail, de ma vie à paris, de la famille et de mes amis. Une façon de me reconnecter en douceur avec ce qui m’attend bientôt : la vraie vie. Je dois commencer à me préparer. D’après eux je suis restée la même. Tout reprendra son cours. La même Aurélie, dans la même ville, avec le même travail et le même appartement.

L’escalator de l’aéroport me fait descendre et nous nous faisons les derniers signes de la main pour nous dire au revoir jusqu’à ce que nous ne nous voyions plus.

Il est temps maintenant que j’aille dans le centre de Christchurch pour me trouver un toit où dormir. Mon avion ne part que demain.

Un peu chargée avec mon sac à dos je fais la tournée des backpackers. Tous sont complets et je commence à me demander où je vais bien pouvoir passer la nuit. Au dernier refus, je demande où je peux encore dormir pour un prix abordable. On m’indique une adresse un peu plus loin. Un peu hésitante je sonne à la porte d’un bâtiment qui ressemble plus à une maison qu’à un hôtel. Un vieil homme étrange avec les mêmes lunettes que Francis Heaulme m’ouvre la porte. Il n’est pas très souriant et me laisse attendre dehors pendant qu’il vérifie s’il y a une chambre de libre. J’ai le choix entre un dortoir et une chambre pour moi toute seule. Lassée des backpackers et contente de savoir que plusieurs clients logent dans cette maison je prends la chambre. La déco est kitch et vieillotte mais le prix est abordable et la chambre confortable. J’ai réussi à dérider le vieil homme qui est finalement charmant.

Je pars explorer la ville le lendemain. C’est avec beaucoup d’émotion que je parcours les rues encore profondément marquées par le terrible tremblement de terre de 2011. De grands carrés de terrains libres s’étendent de part et d’autre de la route. Les gravats des bâtiments détruits ont dû être retirés. La ville semble être tout juste en construction. Des grues et des bâtiments neufs sont visibles un peu partout. D’autres en revanche restent sinistrés au milieu de tout. Les entrées sont condamnées. Quelques rideaux déchirés volent à travers les fenêtres brisées et à l’intérieur on peut apercevoir les restes d’un décor de fin du monde.

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Cette ville m’aura tout de même agréablement surprise. D’abord par l’ambiance un peu pesante qui y règne et ensuite par la volonté de reconstruction et d’y faire des lieux où il est agréable de trainer.

Ainsi s’achève cette parenthèse néo-zélandaise. Je garderais un souvenir incroyable de ces fabuleux paysages. Mais je garderais surtout en mémoire tous ces agréables moments partagés avec mes parents.

Illustration en images : http://www.magisto.com/video/MQIZJUMLCDstQQJgCzE

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Île du nord, le cauchemar continue

Nous rentrons tous les trois en taxi. Dans la voiture, je dois malheureusement leur annoncer la tragédie qui se trame actuellement en France.

Plusieurs sensations nous animent, la tristesse des évènements, la fatigue de cet éprouvant voyage et la joie de se retrouver.

Papa s’écroule dans le lit pendant que maman et moi tentons d’installer ce qui devait être mon lit. Nous obtenons un lit d’1,50 m alors que je fais 10 cm de plus. Je ne me vois  pas  vraiment passer 16 jours dans un lit les jambes pliées.

Dans un fou rire résigné je viens alors m’incruster dans le lit de papa et maman. Nous  nous installons tous les trois les uns contre les autres et passons ainsi notre première nuit dans un camping.

Nous retournons le lendemain à l’agence de location pour régler les formalités de permis de conduire et leur poser quelques questions concernant le fonctionnement du camping-car.

Rassurés nous apprenons que le siège du conducteur se tourne et que j’obtiendrai les 10 cm nécessaires pour étendre mes jambes.

Enfin, nous sommes sur la route. Nous longeons une mer d’un bleu laiteux de la baie de Coromandel. Un paysage vallonné commence à se dessiner.

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Nous atteignons la Hot water beach dans l’après-midi. Une plage où beaucoup de touristes se regroupent au même endroit munis de pelles pour y creuser des jacuzzis naturels d’eau chaude. L’eau est bouillante au centre. Nous nous asseyons quelques instants dans l’eau chaude, éloignées de la source, et nous en ressortons les jambes rouges. Nous apprécions la fraîcheur de l’océan pour calmer notre peau un peu endolorie par la chaleur de l’eau. En creusant peu profondément dans le sable avec notre pied nous le retirons aussitôt tellement la sensation de brûlure est forte.

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Le soir nous trouvons un agréable campement à Pauaniu près d’une belle plage peu fréquentée. On parle des nouvelles de la famille et de mon voyage en Australie. J’ai l’impression de ne les avoir quittés seulement depuis quelques semaines.

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Les barbecues électriques semblent être aussi présents en Australie qu’ici. Nous y cuisons  donc notre viande et la dégustons juste après le foie gras directement importé de France (qui m’a tant manqué à noël) et qui n’a failli pas passer les contrôles sanitaires à l’aéroport d’Auckland.

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Le lendemain nous arrivons à Rotorua. Des sources chaudes s’étendent un peu partout autour de nous.

C’est sous forme d’eau claire bouillonnante, de bulles de boues lourdes et bruyantes, de pédiluves aménagés pour les touristes ou encore de lac enfumé que nous découvrons ce champs de sources. L’odeur de soufre est très présente.

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Nous partons alors visiter l’ancien village Maori de Ohinemutu à Rotorua.

Après un petit plein d’essence nous partons vers notre prochaine visite. Le camping-car peine à démarrer. Nous commençons à nous inquiéter. Nous reprenons notre route et à chaque arrêt le moteur ne démarre pas correctement. Au 3ème arrêt papa se demande s’il n’a pas fait une erreur en mettant le mauvais carburant dans le réservoir. On retrouve alors le ticket de caisse et nous avons la confirmation que c’est de l’essence qui a été mis dans le réservoir. Le camping-car roule au diesel. La poignée de la pompe étant jaune il a cru, comme c’est le cas en France, qu’il s’agissait du gazole.

S’ensuit alors une longue séance de stress, de déception, de regret, de silence, de rires nerveux, et de lucidité. On va devoir rester deux nuits ici. On est samedi, le garage n’ouvre que le lundi.

Une dépanneuse vient nous chercher et nous dépose sur le parking du garage. Notre campement a perdu le caché de celui de la nuit dernière. Nous nous retrouvons dans une zone industrielle avec les relents de soufre des sources proches.

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Maudits sont ces jours qui ont débutés notre voyage. Malgré tout nous relativisons en pensant à  l’horreur qui doit régner en ce moment dans notre pays endeuillé.

Nous passons notre dimanche dans un parc dédié à la culture maorie, aux geysers et aux sources d’eau chaude. Un geyser qui peut parfois atteindre 30 mètres de haut jailli devant nos yeux.

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Le soir, alors que nous prenions tranquillement l’apéro, Nigel, dépanneur de la veille vient nous rendre visite. Nous pensions d’abord à une simple visite de courtoisie alors qu’il venait en fait nous annoncer une autre mauvaise nouvelle. Nous devons retourner à Auckland, l’agence de location ne veut pas que son camping-car soit réparé à Rotorua. Nous tentons tous ce que nous pouvons, nous passons des coups fil mais rien n’y fait. Demain à 7h, une dépanneuse viendra chercher le camping-car et nous ne pourrons partir qu’à deux car il n’y aura pas assez de place pour tout le monde. Nous devons alors abandonner ma pauvre petite maman avec tous les bagages. Nigel a l’extrême gentillesse de venir chercher maman le lendemain et la déposer au camping où nous sommes tous les trois censés nous retrouver le soir même. C’est le regard plein de tristesse que nous nous quittons avec des petits signes de la main.

Au garage, on nous annonce que le moteur sera réparé d’ici quelques heures.

3 longues heures plus tard nous réempruntons la même route pour retourner à Rotorua. Nous retrouvons maman sur les marches de la réception du camping où nous allons passer la nuit. Nous voilà de nouveau tous les trois réunis.

Cette mésaventure nous aura couté du temps et de l’argent. Nous avons dû retarder la traversée en ferry pour l’île du sud et nous n’avons pas pu voir tout ce que nous voulions voir sur l’île du nord. Sur la route pour Wellington, nous faisons une halte aux chutes Kuta et au lac Taupo.

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De beaux paysages longent la route qui nous conduit vers Wellington. Des montagnes enneigées, de hauts volcans endormis et des plaines d’herbes brunes sur un sable volcanique.

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Nous embarquons au petit matin sur le ferry pour Picton. L’arrivée sur l’île du sud est magnifique. Nous espérons laisser sur l’île précédente la poisse qui nous a suivi jusqu’à maintenant.

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Une journée éprouvante

Cette journée fut épique. J’aurais aimé avoir un cameraman à mes côtés pour filmer cette course contre la montre.
L’avion atterrit à l’heure annoncée. Malheureusement je suis située à l’arrière de l’avion et la sortie se fait par l’avant. Je mets donc 10 minutes à sortir, trépignant d’impatience. Une fois sortie, je cours dans les couloirs de l’aéroport pour atteindre le contrôle des passeports. Il est 15h quand j’arrive dans la file d’attente.
J’ai une demie heure pour ne pas manquer la navette vers l’agence de location du camping-car.
J’ai l’impression que ça avance vite… Mais après un virage je constate qu’en fait ce n’était qu’un trompe l’œil et la queue est bien plus longue qu’elle n’en a l’air. Je panique un instant en regardant le formulaire d’entrée du territoire que j’ai pas mal raturé.
J’espère que ça ne me posera aucun problème. Il n’y a plus que deux personnes devant moi.
Celle qui se fait contrôler, une petite vieille que j’aurais volontiers étranglée, engage la conversation avec l’officier. J’enrage.
C’est bon tout est en ordre et le formulaire n’a causé aucun soucis. Je cours récupérer mon bagage. Il est 15h25. Je dois attendre au carrousel 5. Les bagages défilent. Je n’aperçois pas le mien. Toujours rien… il est 15h30 passé, j’ai raté la navette. Je retourne vérifier qu’il s’agit du bon carrousel. Evidemment je me suis trompée. Une partie des passagers de mon avion voyageaient avec Jetstar. Ce carrousel leur était réservé.
Ma compagnie a décidé de lourder ses bagages deux carrousels plus loin. Je retrouve mon sac à dos par terre, à côté du tapis roulant. Il devait attendre ici depuis déjà un petit moment.
Mon sac sur le dos et mon t-shirt trempé de sueur, je m’apprête enfin à sortir de cet enfer.
Je n’en ai malheureusement pas encore fini, je dois refaire la queue pour un contrôle de bagages. Je n’ose même plus regarder ma montre. Je me demande où je vais dormir ce soir.
Enfin, je sors. J’ai espéré que quelqu’un m’attendrait en tenant le panneau de l’agence. Bien sur il n’y a personne pour moi. Je pars demander de l’aide au centre d’information. On m’indique un bus à prendre.

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Le bus part à 16h, heure de fermeture de l’agence. Je n’ai pas de téléphone opérationnel pour contacter l’agence avant qu’elle ne ferme. Je trouve finalement un téléphone dans le centre d’information de l’aéroport et on me dit que quelqu’un m’attendra là-bas.
J’embarque dans le bus et je reprends un peu mon souffle…
A l’accueil on se moque de moi devant mon air complètement anéanti. Je suis quand même énormément rassurée d’avoir passé le plus dur.
Il est maintenant question que je conduise seule cet engin monstrueux jusqu’au camping.

Première humiliation, je n’arrive pas à déplacer le levier de vitesse. Je vais demander de l’aide et on m’explique qu’il faut passer les vitesses en appuyant sur la pédale de frein.
Je démarre doucement…
Je teste le frein et j’ai l’impression que toute la vaisselle du camping car a explosé dans les placards. Les freins sont sensibles, je tacherai de m’en rappeler.

Sur le tableau bord un voyant rouge et une alarme inquiétante m’indique qu’il y a quelque chose qui cloche.
Je retourne donc une dernière fois demander de l’aide. J’avais juste mal desserré le frein à main.
Je suis sur la route. J’ai de la chance, google maps semble fonctionner malgré le fait que je n’ai pas internet. Je ris nerveusement, fière d’en être là dans mon périple mais pas du tout rassurée d’être sur ce qui semble être une autoroute pauvre en panneaux de signalisation.
Evidemment je manque ma destination… Je prends la première sortie et reviens sur mes pas.
Absorbé par le GPS de mon portable je donne un violent coup de volant qui me fait éviter de peu le trottoir.
Je manque le camping… Demi tour. Ça y est. M’y voilà enfin. Je me gare sur l’emplacement réservé. Et je ris toute seule comme une débile, contente d’être enfin arrivée.
J’immortalise ce moment en photographiant le camping-car. Un homme charmant me propose de me prendre en photo devant.
Ainsi finissent (bien), les péripéties de cette éprouvante journée.

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Le lendemain j’arpenterai Auckland seule et le cœur lourd d’apprendre ce qui s’est passé à Charlie Hebdo.

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Je retrouverai enfin papa et maman que je ramènerai en taxi au camping.

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Beaucoup d’émotions en ce jour du 7 janvier et maintenant bien décidée à découvrir ce merveilleux pays qu’est la Nouvelle-Zélande.

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