Île du nord, le cauchemar continue

Nous rentrons tous les trois en taxi. Dans la voiture, je dois malheureusement leur annoncer la tragédie qui se trame actuellement en France.

Plusieurs sensations nous animent, la tristesse des évènements, la fatigue de cet éprouvant voyage et la joie de se retrouver.

Papa s’écroule dans le lit pendant que maman et moi tentons d’installer ce qui devait être mon lit. Nous obtenons un lit d’1,50 m alors que je fais 10 cm de plus. Je ne me vois  pas  vraiment passer 16 jours dans un lit les jambes pliées.

Dans un fou rire résigné je viens alors m’incruster dans le lit de papa et maman. Nous  nous installons tous les trois les uns contre les autres et passons ainsi notre première nuit dans un camping.

Nous retournons le lendemain à l’agence de location pour régler les formalités de permis de conduire et leur poser quelques questions concernant le fonctionnement du camping-car.

Rassurés nous apprenons que le siège du conducteur se tourne et que j’obtiendrai les 10 cm nécessaires pour étendre mes jambes.

Enfin, nous sommes sur la route. Nous longeons une mer d’un bleu laiteux de la baie de Coromandel. Un paysage vallonné commence à se dessiner.

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Nous atteignons la Hot water beach dans l’après-midi. Une plage où beaucoup de touristes se regroupent au même endroit munis de pelles pour y creuser des jacuzzis naturels d’eau chaude. L’eau est bouillante au centre. Nous nous asseyons quelques instants dans l’eau chaude, éloignées de la source, et nous en ressortons les jambes rouges. Nous apprécions la fraîcheur de l’océan pour calmer notre peau un peu endolorie par la chaleur de l’eau. En creusant peu profondément dans le sable avec notre pied nous le retirons aussitôt tellement la sensation de brûlure est forte.

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Le soir nous trouvons un agréable campement à Pauaniu près d’une belle plage peu fréquentée. On parle des nouvelles de la famille et de mon voyage en Australie. J’ai l’impression de ne les avoir quittés seulement depuis quelques semaines.

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Les barbecues électriques semblent être aussi présents en Australie qu’ici. Nous y cuisons  donc notre viande et la dégustons juste après le foie gras directement importé de France (qui m’a tant manqué à noël) et qui n’a failli pas passer les contrôles sanitaires à l’aéroport d’Auckland.

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Le lendemain nous arrivons à Rotorua. Des sources chaudes s’étendent un peu partout autour de nous.

C’est sous forme d’eau claire bouillonnante, de bulles de boues lourdes et bruyantes, de pédiluves aménagés pour les touristes ou encore de lac enfumé que nous découvrons ce champs de sources. L’odeur de soufre est très présente.

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Nous partons alors visiter l’ancien village Maori de Ohinemutu à Rotorua.

Après un petit plein d’essence nous partons vers notre prochaine visite. Le camping-car peine à démarrer. Nous commençons à nous inquiéter. Nous reprenons notre route et à chaque arrêt le moteur ne démarre pas correctement. Au 3ème arrêt papa se demande s’il n’a pas fait une erreur en mettant le mauvais carburant dans le réservoir. On retrouve alors le ticket de caisse et nous avons la confirmation que c’est de l’essence qui a été mis dans le réservoir. Le camping-car roule au diesel. La poignée de la pompe étant jaune il a cru, comme c’est le cas en France, qu’il s’agissait du gazole.

S’ensuit alors une longue séance de stress, de déception, de regret, de silence, de rires nerveux, et de lucidité. On va devoir rester deux nuits ici. On est samedi, le garage n’ouvre que le lundi.

Une dépanneuse vient nous chercher et nous dépose sur le parking du garage. Notre campement a perdu le caché de celui de la nuit dernière. Nous nous retrouvons dans une zone industrielle avec les relents de soufre des sources proches.

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Maudits sont ces jours qui ont débutés notre voyage. Malgré tout nous relativisons en pensant à  l’horreur qui doit régner en ce moment dans notre pays endeuillé.

Nous passons notre dimanche dans un parc dédié à la culture maorie, aux geysers et aux sources d’eau chaude. Un geyser qui peut parfois atteindre 30 mètres de haut jailli devant nos yeux.

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Le soir, alors que nous prenions tranquillement l’apéro, Nigel, dépanneur de la veille vient nous rendre visite. Nous pensions d’abord à une simple visite de courtoisie alors qu’il venait en fait nous annoncer une autre mauvaise nouvelle. Nous devons retourner à Auckland, l’agence de location ne veut pas que son camping-car soit réparé à Rotorua. Nous tentons tous ce que nous pouvons, nous passons des coups fil mais rien n’y fait. Demain à 7h, une dépanneuse viendra chercher le camping-car et nous ne pourrons partir qu’à deux car il n’y aura pas assez de place pour tout le monde. Nous devons alors abandonner ma pauvre petite maman avec tous les bagages. Nigel a l’extrême gentillesse de venir chercher maman le lendemain et la déposer au camping où nous sommes tous les trois censés nous retrouver le soir même. C’est le regard plein de tristesse que nous nous quittons avec des petits signes de la main.

Au garage, on nous annonce que le moteur sera réparé d’ici quelques heures.

3 longues heures plus tard nous réempruntons la même route pour retourner à Rotorua. Nous retrouvons maman sur les marches de la réception du camping où nous allons passer la nuit. Nous voilà de nouveau tous les trois réunis.

Cette mésaventure nous aura couté du temps et de l’argent. Nous avons dû retarder la traversée en ferry pour l’île du sud et nous n’avons pas pu voir tout ce que nous voulions voir sur l’île du nord. Sur la route pour Wellington, nous faisons une halte aux chutes Kuta et au lac Taupo.

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De beaux paysages longent la route qui nous conduit vers Wellington. Des montagnes enneigées, de hauts volcans endormis et des plaines d’herbes brunes sur un sable volcanique.

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Nous embarquons au petit matin sur le ferry pour Picton. L’arrivée sur l’île du sud est magnifique. Nous espérons laisser sur l’île précédente la poisse qui nous a suivi jusqu’à maintenant.

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Catégories : Nouvelle-Zélande | Un commentaire

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Une réflexion sur “Île du nord, le cauchemar continue

  1. Brigitte

    J’ai hâte de voir vos tatouages Maori !

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