Les whitsundays… sous la pluie

J’ai quitté Cairns le 18 août à 0h25. Zach et Romain m’ont déposé à l’arrêt de bus Greyhound. Comme dans le backpack quelques instants plus tôt, nous nous sommes pris dans les bras pour se dire au revoir. Quelles étranges sensations que de quitter ceux qui ont animés toutes mes journées pendant un mois. Avec eux j’ai ri, on a eu quelques discussions sérieuses bien sûr mais la plupart du temps, je me suis surtout beaucoup amusée en les écoutant raconter n’importe quoi.

Le bus part et je m’imprègne des dernières images de Cairns de nuit. J’ai dans les oreilles, le genre de musique qui renforce le sentiment de tristesse. C’est la bande originale de ma vie. Je suis l’actrice principale d’un film autobiographique. Je me vois regarder les rues de Cairns, la tête posée sur les larges vitres du bus, les écouteurs dans les oreilles et la musique pour donner l’ambiance. Ça me prend à la gorge mais je ne pleure pas. Je suis consciente que je repars de zéro. Je perds tous mes amis d’un seul coup.

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Je m’en vais donc de Cairns avec les 2021 $ (1406 €) que j’ai gagné au resort. Je ne suis pas mécontente de quitter ce job. Ce n’était pas vraiment compliqué mais je ne supportais plus de me lever tous les jours à 6 heures du matin et d’avoir les mains abimées par les produits ménagers. J’ai des crevasses sur les doigts tellement les produits sont corrosifs.

Le trajet pour Airlie Beach passe très vite. Je ne vois pas passer les 10 heures de routes. J’ai dormi tout le trajet et les quelques heures après mon réveil ne m’ont pas parues interminables.

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Airlie Beach est un endroit agréable. J’aurais aimé en profiter plus à mon arrivée mais je me suis endormie profondément dans le lit de mon hôtel à l’instant même où je m’y suis installée. J’aurais un peu de temps à mon retour des Whitesundays pour buller sur la plage.

perroquets

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Le lendemain j’embarque à bord d’un catamaran. le Tongarra. J’ai laissé mon sac à dos dans l’agence. Et je suis partie, sous leurs recommandations, avec le strict minimum. 10 minutes avant le départ je réalise que j’ai oublié la caméra étanche que j’avais achetée en France exprès pour l’occasion… Je m’en veux terriblement.

C’est sous un ciel nuageux mais avec quelques éclaircies que nous quittons la Marina d’Airlie Beach. Je réalise que pour une fois, je suis la seule française parmi les 24 passagers. Incroyable. Seule une personne parle français mais elle est luxembourgeoise. Les anglais et les allemands sont en majorité. Les ¾ sont des filles. Je me sens rapidement un peu en retrait. J’ai du mal à suivre les conversations.

Le temps se gâte au fil de la journée. J’ignore alors que je ne reverrais pas la couleur du ciel d’ici la fin de la croisière. Nous devrons manger à l’intérieur à chaque repas. L’air de la mer nous fatigue et à 21h tout le monde pique du nez. Certains dorment profondément. On croirait qu’il est 23h. Deux heures plus tard, le bateau s’arrêtent et les deux skippers montent une tente sur le pont afin qu’on puisse y passer la nuit. Je ne peux pas imaginer dormir ici. Moi qui rêvais de cabines douillettes… Finalement je passe une nuit merveilleuse, bercée par le mouvement des vagues.

Nous sommes réveillées tout en douceur à 8h par la musique de « Over the rainbow » diffusée depuis les haut-parleurs positionnés sur le pont.

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Le temps ne s’améliore toujours pas… Il a beaucoup plu pendant la nuit. Je n’ai plus beaucoup d’espoir de voir les plus belles plages d’Australie sous un temps clément. Je suis dégoutée. On nous donne une combinaison et un espèce de ciré jaune moisi et éventré au niveau des manches. Nous prenons place dans une petite embarcation de fortune. L’équipage nous met en garde sur les risques de l’eau sur nos appareils photos. Je préfère donc ne pas prendre le mien mais je n’avais pas compris que nous partions voir l’un des points de vue les plus célèbres d’Australie. C’est en arrivant au niveau du panoramique que je comprends l’erreur impardonnable que j’ai commise. Je m’en suis tellement voulue. Je vais devoir me consoler avec les photos de groupes qui ont été prises par la compagnie.

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D’en haut, nous apercevons des raies. Le sable est blanc et l’eau, malgré le ciel gris, et d’un bleu pâle. Je me baigne dans une eau agréablement chaude, puis je marche un peu en bord de l’eau. Je suis un peu trop contrariée pour profiter pleinement du moment.

En retournant sur le catamaran, nous apercevons des tortues marines, le nez pointé vers le ciel.

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Nous sommes décidément trop nombreux dans ce bateau. Pendant le repas, certains n’ont même pas de places assises. Tout est humide, nos habits, nos serviettes, nos couvertures, l’air dans la cabine… Je n’ai pris qu’un short que je vais devoir porter pendant 3 jours. Après la première grosse vague à l’extérieur j’ai les fesses trempées. J’ai un short blanc…

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Alors que je discute avec un allemand accoudée à la filière du bateau, celui-ci me dit tout d’un coup «  Go away, I’am going to be sick ! », dans l’instant qui suivait, le pauvre vomissait par-dessus bord. Quelle gentille attention de sa part d’avoir voulu m’éviter ça. J’avais filé en moins d’une seconde.

Avant de nous arrêter pour une sortie en masque et tuba, nous avons la chance d’apercevoir à proximité du bateau un ban de thons. Nous n’avons pas de palmes, nous sommes donc limités pour plonger en profondeur. J’imagine qu’ils ne veulent pas prendre trop de risques. Le skipper appâte les poissons avec des sortes de granulés. Nous nageons parmi une multitude de poissons gris à queue jaune. D’accord ils ne sont pas là par hasard mais l’expérience en vaut la peine. Je m’éloigne un peu et je découvre des coraux semblables à ceux que j’avais vus au large de Cairns. J’y vois pleins de magnifiques poissons colorés. Je commence à avoir un peu froid malgré la combinaison. En regagnant le bateau j’aperçois une première petite méduse, je l’évite et j’en aperçois une seconde, une troisième, et j’en vois partout ! Je suis en panique. J’ai entendu tellement d’histoires horribles sur les méduses en Australie que je suis terrorisée à l’idée qu’elles me touchent. Finalement je ne préfère ne plus les voir. Je sors la tête de l’eau et je nage le plus rapidement possible en priant pour passer à travers leurs petites tentacules.

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Après toutes ces émotions, je suis rincée. Je suis un peu à l’écart. C’est dur de parler anglais quand on est fatiguée… J’arrive à engager la conversation qu’en petit groupe. Je suis en revanche complètement effacée dans un groupe de plus de quatre personnes qui parlent un anglais courant. Beaucoup me disent que mon anglais est très bien. Ça fait plaisir à entendre.

Après m’être éclipsée quelques secondes en cabines pour prendre quelques notes destinées à mon blog, ma place était occupée. Je suis donc allée rejoindre le reste de l’équipe sur le pont. Je me suis incrustée dans le cercle et nous avons joué à un jeu qui ne demandait pas de maitriser beaucoup de vocabulaire : le twenty-one (un genre de jeu comme le Gringo mais en plus compliqué). Nous avons passé un très bon moment. Je dois reconnaitre que ce genre de jeu a l’avantage de rassembler tout le monde, peu importe les nationalités…

Il a plu toute la nuit suivante. J’ai profité d’un moment de pause pour sortir de mon duvet. Tout le cidre bu pendant le jeu m’a donné une furieuse envie d’aller aux toilettes. Seule sur le pont, en plein milieu de la nuit, j’ai apprécié le calme qui y régnait. Les lumières qui se reflétaient dans l’eau et le clapotis des vagues m’ont rappelée un voyage sur un voilier en Croatie, quelques années auparavant. Le lendemain nous sommes restés sur le pont pour une dernière séance de snorkeling. Il n’y avait pas de méduses et j’ai pu profiter une dernière fois de ce moment sur la grande barrière de corail. J’ai de nouveau vu de magnifiques poissons. Je me suis encore sentie vraiment idiote de ne pas avoir pris ma caméra étanche. La visibilité était limitée en raison des fortes pluies. J’y voyais de près mais ma phobie des requins est vite revenue me hanter quand je regagnais le bateau et que tout était bleu autour de moi.

Nous finissons l’excursion en beauté. Sur le chemin du retour, nous sommes entourées de baleines et dauphins. Nous assistons même aux sauts acrobatiques d’un baleineau aux côtés de sa mère.

Je regagne la terre ferme poisseuse, les cheveux emmêlés, les habits humides. J’ai un léger mal de terre mais c’est une sensation agréable. Je suis un peu mitigée de cette petite excursion. J’ai passé quelques très bons moments mais je n’ai pas été chanceuse avec le temps. Les whitesundays n’auront donc pas été complètement à hauteur de mes attentes mais j’aurais eu l’opportunité de les voir et j’ai bien conscience que tout le monde ne peut pas avoir cette chance.

tongarra

skypers

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