De Rainbow beach à Fraser Island

La séparation avec les Morrisson s’est faite dans les pleurs. J’ignore si c’est parce que je suis particulièrement émotive ces derniers temps, mais j’ai complétement fondu en larme quand j’ai vu Kaiya pleurer dans son lit parce que j’allais lui manquer, sa mère à côté pour la consoler.

Évidemment on s’attache vite aux gens ici. On a plus de famille, plus d’amis alors on s’accroche à tous les liens que l’on a construits. J’ai trouvé ici des épaules pour me soutenir, me consoler et me reposer. Une fois de plus tout s’écroule en un instant et on doit de nouveau s’assumer tout seul, ne plus compter que sur soi-même.

Heureusement, je suis arrivée à Rainbow beach sous un temps radieux, et j’ai découvert une plage magnifique.

Après avoir déposé tout mon bazar dans la chambre de l’auberge de jeunesse, j’ai pris un livre dans l’intention d’aller me poser sur la plage et bouquiner en attendant 16h, l’heure du briefing pour l’excursion à Fraser Island le lendemain. A peine arrivée à la plage, je suis remontée illico pour y échanger mon livre contre mon appareil photo.

J’ai marché sur la plage et j’ai été heureuse d’y être seule, de me retrouver. Cet endroit porte bien son nom, Rainbow beach. J’avais devant les yeux un arc en ciel de couleurs. D’abord le sable, beige, blanc et parfois noir. Les pierres volcaniques qui bordent la plage rendent le sable sombre et parfois pailleté. La mer et le ciel sont bleus et l’écume des vagues parsème l’océan de taches blanches. Passé les rochers noirs, j’arrive à hauteur d’immenses dunes de sable beige. Les dunes se transforment en falaise à mesure que j’avance. Les différentes couchent de roches qui les composent sont tantôt ocre tantôt d’un jaune souffre.

Rainbow_beach

Pieds_sable_noir

C’est une plage sans algue que je suis en train de parcourir. J’aimerais découvrir quelque chose d’intéressant qui serait venu s’y échouer, mais je devrais me satisfaire d’une méduse d’un bleu assez inquiétant.

Meduse

Je me fais dépasser de temps en temps par des 4×4 qui ont accès à la plage. J’ignore encore à quel point la sensation de rouler le long d’une plage si belle est exceptionnelle.

Rainbow_beach_4x4

Je ne vois pas le temps passer et je dois vite rebrousser chemin si je veux être à l’heure pour le briefing. 80 personnes attendent dans le bar du backpack. On est beaucoup trop nombreux. Encore une fois, il y a une importante majorité de filles. Le groupe est divisé en équipe de 10. Il n’y a qu’un garçon dans la mienne. J’ignore pourquoi, comme pour les Whitesunday, il y a tant de filles. Peut-être que les garçons n’ont pas peur d’acheter leur propre voiture et n’ont donc pas besoin de réserver un tour pour une île sur laquelle ils peuvent se rendre par leur propre moyen.

J’ai été un peu impressionnée de me retrouver avec autant de monde alors que j’avais passé trois semaines dans mon petit cocon familial. Il y a de nouveau aucun français dans mon groupe. Il est composé d’anglais, d’autrichiennes, d’irlandaises et d’une hollandaise. Je ne me sens pas à l’aise. J’ai envie d’être ailleurs. Je n’ai envie de parler à personne et je veux que personne ne me parle. Tout le monde parle un anglais parfait. Je suis larguée. Je suis encore à l’écart. Je sens que ces trois jours vont être une épreuve.

Après nous avoir expliqué le soir puis répété le matin toutes les consignes de sécurité au sujet de la conduite du 4×4, de la baignade dans l’océan (qui est interdite en raison des requins et des raies), et de la présence des dingos (qu’ils ne faut approcher sous aucun prétexte), notre petit groupe de dix prend place dans l’un des quatre 4×4.

C’est d’une petite presqu’île de sable entourée de dauphins que nous quittons le continent. Nous embarquons dans un bac qui atteint Fraser Island en très peu de temps. Nous parcourons alors pendant des kilomètres une plage magnifique qui semble ne jamais finir. On l’appelle d’ailleurs la Seventy-Five mile Beach. C’est spectaculaire. On n’y croise aucun touristes sous des parasols ou en train de se faire bronzer. Les seules personnes que l’on croise pêchent au surf le long de la mer. On les voit d’ailleurs remonter régulièrement des poissons. Leurs restes seront dévorés par les dingos.

presquile

plages_4x4

Dingos

Le 4×4 quitte soudain la plage et nous pénétrons dans une forêt dense et luxuriante. Il y a des arbres immenses, on n’entrevoit même pas leur cime. D’imposantes lianes pendent un peu partout et le soleil peine à s’imposer dans autant de végétation.

foret_4x4

Nous atteignons le parking du lac McKenzie. Nous marchons un court instant sur un chemin de sable brulant. Nous découvrons un lac à l’eau transparente. Elle est un peu fraîche mais c’est un vrai bonheur de nager dans une eau si claire. J’ai suffisamment de temps pour étendre ma serviette et sécher au soleil. Je commence à m’ouvrir aux autres, à sympathiser. Il y a dans ce groupe des personnalités vraiment charmantes et pleines de compassion sur mes difficultés à m’exprimer.

lac_mckenzie

Avant d’atteindre le camping dans lequel nous allons passer la nuit. Nous nous arrêtons sur un des lieux le plus célèbre de Fraser Island : l’épave du Maheno. On nous explique qu’il s’agissait d’un navire de passagers qu’un cyclone poussa sur la côte en 1935, alors qu’il se faisait remorquer vers un chantier de démantèlement au Japon.

mehano

Arrivés au camping on nous met en garde contre les araignées, les serpents, les rats et tous les autres nuisibles que nous pourrions rencontrer. La seule araignée que j’ai croisée n’était pas très impressionnante mais je n’aurais pas aimé l’avoir dans ma tente.

Nous devons gérer notre nourriture de façon autonome. Nous avons assez de vivre pour 3 jours et nous devons nous faire nous même à manger. J’avoue que j’aurais préféré qu’on le fasse à ma place et j’aurais aimé qu’il ne fasse pas l’erreur de nous donner des portions pour 7 alors que nous sommes 10…

repas

Il y a au moins 150 personnes sur le camping. L’ambiance est jeune et festive. La moyenne d’âge tourne autour de 25 ans. Tout le monde boit, danse, discute autour du feu. Mon petit groupe sort du camping pour aller sur la mer. Nous n’avons pas besoin de torche car la pleine lune est éclatante.

Je passe une nuit en tente sans oreiller ni matelas. C’est extrêmement inconfortable mais nous n’aurions pas eu la place d’amener dans le 4×4 de quoi nous faire un nid douillet pour la nuit. Je partage ma tente avec la hollandaise, Eefke. Elle voyage seule comme moi et nous nous entendons très bien.

Le matin, nous roulons jusqu’à une petite rivière appelée Eli Creek. Nous la descendons à pied, l’eau cristallines jusqu’aux genoux.

eli_creek

Nous avons une heure avant le déjeuner. Je m’allonge sous le soleil et je tombe alors dans un profond sommeil. A tel point que le guide doit me réveiller alors que tout le monde est déjà en train de marcher vers le 4×4.

L’après-midi nous nous rendons aux Champagne Pools, des piscines naturelles au pied des falaises. C’est le seul endroit sur l’île où l’on peut se baigner dans de l’eau salée en toute sécurité.

champagne_pools

Plus tard, après une petite ascension à pied sur la falaise, nous accédons au plus beau point de vue de l’île. Nous sommes sur l’Indian Head. A droite comme à gauche la vue est à couper le souffle. J’aperçois une raie Mantas en contrebas, d’autres auront la chance de voir des requins, des tortues et des baleines. J’étais surement trop occupée à prendre des photos du paysage quand ils ont fait leur apparition.

IH_1

IH_2

L’ambiance le soir est la même que la veille. Nous partons faire la fête sur la plage. Je discute un peu avec des français. Sans surprise ils râlent sur l’organisation du séjour. J’aurais moi aussi quelques réclamations à y faire mais je suis tellement emballée par la découverte de cette île que leurs petites contrariétés me semblent bien dérisoires. Malgré leurs plaintes je passe un court mais bon moment avec eux. Avec mon groupe il arrive souvent que je me sente bien seule lorsque tout le monde éclate de rire sans que j’en comprenne la raison. Je suis la seule à ne pas rire et je ne le vis pas toujours bien. Comprendre l’humour dans une autre langue est une clé pour se sentir bien dans un groupe.

Je m’y sens cependant de mieux en mieux. Même si je suis un peu effacée, j’arrive à engager la conversation quand on est peu nombreux.

Avant de quitter Fraser Island, nous empruntons une route qui nous mène au lac Wabby. Nous marchons une demi-heure sur un chemin de sable ombragée. Soudain nous entendons tous un bruit dans les feuillages et nous nous arrêtons horrifiés à l’idée qu’ils puissent s’agir d’un serpent. Il ne s’agit en fait que dans un énorme lézard, un iguane je crois, que nous ne semblons pas vraiment effrayé. Avant d’atteindre le lac, le chemin longe une dune imposante. La dune tombe à pic dans un lac cette fois plus sombre que celui du premier jour. Nous nous y baignons quelques instants avant de reprendre le chemin du retour.

Dune_lac

dune_moi

Je conduis le 4×4 pendant quelques kilomètres sur la plage interminable. J’arrive à ne pas être perturbée par l’immense baleine que nous apercevons au loin. Conduire sur un lieu si beau et unique fut une expérience inoubliable.

moi_4x4

Fraser Island sera sans doute un des plus beaux endroits que j’aurais découvert en Australie.

photo_groupe

La version animée de ces 3 jours : https://www.magisto.com/video/NgUXNFtQRj8zWRZiCzE

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Catégories : Queensland | Un commentaire

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Une réflexion sur “De Rainbow beach à Fraser Island

  1. Brigitte

    Des paysages paradisiaques , On se croirait au Rozel !!
    Merci pour tes témoignages.
    Bonne route

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