En route pour Alice Spring : mon premier road trip

Ça été très précipité, je n’étais pas encore partie de Kangaaro Island que j’avais déjà une opportunité pour partir d’Adélaïde plus rapidement que prévu. Sur Gumtree j’ai répondu à l’annonce d’un certain Alexis qui partait pour Cairns, en passant par Alice Spring et par tous les lieux touristiques que l’on peut y voir sur la route.

J’ai donc quitté Adélaïde 3 heures après que Damien m’est laissé dans le centre-ville. Je regrette un peu de ne pas avoir vu certaines choses que j’aurais aimé voir dans les environs d’Adélaïde mais je ne pouvais pas laisser passer cette opportunité.

Nous sommes quatre à prendre la route. L’équipe est composée d’une français, Alexis, d’un allemand, Jens et d’une japonaise, Maya. Nous avons deux voitures et c’est avec Maya que je fais le trajet.

Nous faisons une halte à Port Augusta, histoire de nous ravitailler en eau et en vivre. J’y mange d’ailleurs mon premier fish & chips depuis que je suis en Australie.

Port_augustaIMG_20140612_140051

Les nuits en tente sont assez rudes. Il fait un froid glacial, je dois me recroqueviller dans mon duvet tellement j’ai froid. Je ne suis décidément plus habituée à dormir sur une surface dure. Le tapis de sol que j’ai dû m’acheter avant de partir ne me procure pas le confort suffisant pour passer de bonnes nuits.

Camp_gitans

Je ne suis pourtant pas si fatiguée pendant la journée. J’imagine donc que je dois dormir suffisamment pendant la nuit pour pouvoir tenir le jour.

Les paysages changent déjà d’un bivouac à l’autre. La terre est devenue rouge orange. Il fait chaque jour un peu plus chaud en journée. Et la présence humaine se fait de plus en plus rare.

La nuit tombe toujours trop rapidement. A 18h nous devons utiliser nos lampes frontales. Alexis est bien équipé en matériel de camping. Nous cuisinons donc tous les soirs après avoir pris l’apéritif au Goon. Le Goon est une sorte de vin cuit très sucrée. C’est très populaire là-bas car c’est ce qu’il y a de moins cher. L’alcool est hors de prix.

Nous croisons très rarement des voitures. La route est droite et peut vite devenir ennuyante pour les conducteurs. Je suis impressionnée de parcourir de si longues distances avec toujours le même paysage et aucune présence humaine. Je me demande bien à qui appartient toutes ces terres à perte de vue.

Certains soirs, nous sommes contraints de ne pas rester longtemps dehors. Le vent est tellement glacial que nous regagnons rapidement nos abris. Trois pulls ne suffisent pas pour me tenir au chaud. Chaque jour, je commence à appréhender la nuit dès les premiers signes de fraicheur. Étrangement, depuis que je suis en Australie je n’ai jamais eu trop chaud, en revanche j’ai très souvent eu trop froid.

Nous découvrons la ville de Coober Pedy. Une ville minière célèbre pour ces gisements d’opale. C’est une ville assez miteuse perdue au milieu de rien. Des amas de terre jonchent le paysage un peu partout. J’y mange le pire hamburger de ma vie. Je ne saurais jamais si la viande qui se trouvait à l’intérieur était vraiment de la viande.

Coober_pedyCP_voiture

Nous visitons une ancienne mine ainsi qu’une maison et des églises troglodytes.

Soirée fantastique après Coober Pedy. Le vent est tombé et le temps est idéal pour faire un feu. Nous partons chercher un peu de bois avant la tombée de la nuit. Après un repas très basique – pâtes, sauce tomate et fromage – que nous apprécions comme si c’était les meilleures pâtes que nous n’avions jamais mangées de notre vie, nous nous installons donc autour du feu. Nous parlons peu mais nous apprécions tous pleinement ce moment de chaleur, fascinés par le vacillement des flammes.

Autour_du_feu

Le lendemain, pendant notre petit déjeuner, nous apercevons un dingo. L’animal étant sauvage, il ne s’aventure pas trop près de notre camps.

Avant de reprendre la route, les premières mouches commencent à venir nous importuner. On m’a prévenu que ce n’était que le début et que ça risquait d’empirer. Lors d’une brève pause à Kulgera pour faire le plein d’essence, j’en ai même avalée une alors que je parlais. Expérience assez traumatisante… Je comprends maintenant pourquoi on dit que si les australiens ont un si rude accent c’est parce qu’ils doivent serrer les dents pour ne pas avaler les mouches.

Lors de ce road trip, j’aurais fait ma première belle rencontre. Je me suis rapidement très bien entendue avec Maya, la japonaise. J’ai été surprise de voir à quel point les japonais sont ouverts d’esprits. Nous avons rapidement abordé certains sujets sans aucun taboo. Grâce à son sens de l’humour et au fait qu’elle soit si bon publique, nous avons parfois beaucoup ri. Grâce à elle, je me suis sentie un peu moins seule quand j’ai tenté des blagues débiles que l’allemand ne semblait en revanche pas comprendre. C’était pourtant lui qui parlait le mieux anglais du groupe et vous imaginez bien qu’avec mon anglais limité, je n’allais pas me lancer dans de l’humour trop subtil.

Maya

Maya

Jens

Jens

Alexis

Alexis

Aurelie_papillon

Voilà déjà 8 jours que nous sommes partis. Nous n’avons jusqu’à présent pris que 3 douches. Les aires dans lesquelles nous nous arrêtions autorisaient le campement mais n’étaient aménagées que de quelques tables de pique-nique et d’eau parfois non potable. Parfois même, nous avons dû camper dans des endroits totalement sauvages et pas toujours très rassurants. Nous pouvions entendre les hurlements des dingos à quelques kilomètres.

Au fil des jours, certains liens se sont renforcés. La qualité des soirées dépendaient beaucoup de la température de la nuit et de la possibilité de faire un feu. Quand il faisait froid et que nous n’avions pas de bois ou que le vent était trop fort, nous avions tous qu’une envie, c’était d’aller se coucher. Plus nous remontions au nord, et plus les nuits se réchauffaient. Nous commençons à nous connaître de mieux en mieux. Passer 24h/24h avec de parfaits inconnus facilite les connexions. Avec le français, nous avons forcément de temps en temps une certaine complicité. On partage inévitablement quelques références bien françaises.

Nous commençons à voir la fin de ce road trip. Je commence à ressentir ce que j’avais déjà un peu ressenti à Kangaaro Island. Je suis contente et triste à la fois. Contente car j’ai hâte de pouvoir de nouveau dormir dans un lit, de laver mes affaires, de voir autre chose, de connaître d’autres gens… et triste, voir plutôt un peu nerveuse, car je vais de nouveau vers l’inconnu. C’est finalement assez confortable de ne pas avoir à se préoccuper des jours à venir. C’est en revanche bien plus angoissant quand ces jours arrivent à leur terme et qu’il faut maintenant penser à d’autres choses : Où dois-je aller ? Vais-je trouver du travail ? Vais-je réussir à ne pas dépenser trop d’argent ? Nous allons devoir nous séparer. Avoir un groupe c’est rassurant. Pouvoir se reposer sur d’autres personnes que sur soit même c’est parfois confortable.

Après avoir vu Uluru, Taka Tjuta et Kings Canyon, nous faisons quelques marches dans un territoire appelé Mac Donnell. Il s’agit essentiellement de gorges qui débouchent sur des points d’eau. Jens et Maya furent plus courageux que nous autres français puisqu’ils ont même réussi à se baigner dans une eau très froide.

Mac_Donnelle_1

Quelques kilomètres avant Alice Spring nous nous réjouissons tous d’avoir enfin internet. Être coupés du monde extérieur pendant 5 jours a mis notre addiction à rude épreuve.

Nous passons une dernière nuit sur une aire de pique-nique à proximité d’Alice Spring. Ce soir je dors dans une auberge de jeunesse et d’ici là, je dois avoir trouvé quelle sera ma prochaine destination.

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