Chronique de Byron Bay

De retour à Byron bay, et cette fois pour un petit bout de temps. Après Cairns et Melbourne je fais ma troisième halte de plus d’un mois. Je ralentis petit à petit ma vie de nomade avant le grand, l’ultime retour.

C’est une vie bohème et assez oisive que je mène à Byron. Finalement, comme à chaque fois que j’y ai mis les pieds. Pas vraiment de découvertes à énoncer dans cette page mais de petites anecdotes de ma vie quotidienne aux antipodes.

25 janvier

Je retrouve Tima, une connaissance de mon club de boxe. On s’était raconté nos projets communs de voyage dans les vestiaires et avions envisagé de se retrouver en Australie. Tima est arrivée il y a un mois. Elle est au tout début de son WHV. Elle cherche du travail sur Byron. Quelques heures de ménage par ci par là lui garantit une paie qui lui permet tout juste de s’alimenter et se loger. Byron Bay est aussi très convoité par les australiens. La concurrence est rude. Il faut s’armer de patience et ne pas se décourager pour pouvoir percer ici.

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26 janvier

Simon et moi partons fêter l’Australian Day chez des amis à lui qui habitent à Gold Coast. L’Australian Day c’est un peu comme notre 14 juillet. Les australiens célèbrent l’anniversaire du 26 janvier 1788 où les premières flottes européennes sont venues à Sydney pour envahir l’Australie. Sûrement le jour que déteste le plus les aborigènes…

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27 janvier

Nous partons visiter Cold Coast et à côté, Surfer Paradise (si si c’est bien le nom d’une ville). Des plages parfaitement entretenues, des vagues adaptées à tous types de surfers mais aussi d’énormes buildings tout le long de la côte. Le cachet sauvage de l’Australie a complètement disparu sous des amas de constructions résidentielles.

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28 janvier

Je découvre la meilleure crème glacée que je n’ai jamais mangée. Si seulement je pouvais retrouver la même en France…

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29 janvier

J’ai un deal avec Simon et ses colocs. Je ne paie qu’un loyer dérisoire de 60 dollars par semaine (chacun paie  en moyenne 190$ ) et  je nettoie la maison.

Le jeudi je passe donc l’aspirateur, la serpillière et je m’attelle à la salle de bain que les 3 autres filles de la maison se partagent. Je n’ai alors jamais vu une salle de bain aussi dégoutante de toute ma vie. La crasse et la poussière sont omniprésentes et des odeurs nauséabondes se répandent dès que je frotte. Je retourne réclamer à Simon la brosse dont je ne pensais pas avoir besoin. Je nettoie les toilettes à la lame de rasoir. Au moins pour une fois, la différence avant/après est incontestable et plutôt gratifiante.

Seul Jonas, l’espagnol qui a pris tout récemment la place de la polonaise, vient me remercier.

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Jonas

31 janvier

Le bonheur de se baigner dans de l’eau bleue à 24 degrés quand il en fait plus de 30 à l’extérieur. Pouvoir y rester une éternité. Faire la planche en regardant passer les mouettes. Plonger dans les vagues vigoureuses et nager dans de l’eau clair et salée.

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3 février

Ce soir je retrouve Coco et Maxime, deux autres membres de mon club de boxe. Ils sont juste en vacances et passent la soirée à Byron Bay. J’emmène Simon en espérant qu’il ne s’ennuiera pas trop. Il ne parle pas un mot de français. Finalement nous passons tous une chouette soirée où l’anglais a pris le dessus sur toutes nos conversations.

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6 février

Pour ne pas passer un jour sans faire un peu d’exercice, je pars courir les jours où je ne vais pas surfer. Parfois il arrive que les vagues ne soient pas bonnes où que l’eau soit infestée de méduses. Je dois alors troquer mon long board avec mes baskets.

Musique dans les oreilles je ne dois courir que 5 minutes dans le sable sec en partant de la maison avant d’atteindre la plage. J’ai le choix entre aller à gauche vers le phare ou à droite vers Broken Head où j’ai l’habitude d’aller surfer. Il n’y a pas d’autres endroits que la plage où je préfère aller courir. Le sable mouillé et dur est parfait pour amortir mes foulées, l’air qui entre dans mes poumons est pure et iodé, et chaque fois j’ai de quoi me distraire en observant l’environnement qui m’entoure. Un kangourou ou une fourmi géante sur le chemin qui mène à la plage, des méduses échouées de différents types, un crabe avec des mosaïques sur la carapace, un rapace dont l’envergure fait facilement plus d’un mètre… Courir ne devient alors plus une contrainte.

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7 février
Pas mécontente de ma tarte fruits rouges qui fût très appréciée. Et oui j’ai beau être en Australie, je n’ai pas perdue mes bonnes habitudes d’apprentie pâtissière.

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8 février
Extirpée tôt de mon sommeil pour aller surfer le mâtin où j’ai passé 2 heures dans l’eau. Copieux déjeuner ensuite dans un pub où l’on paie des tickets de loterie pour gagner des kilos de barbaque.

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A 14h30 je me laisse tomber dans un matelas qui garde en mémoire les formes de mon corps. A 14h35 je dors déjà profondément. 2 heures de sommeil lourd pendant lesquelles je rêverais que je fais un feu de camp dans la chambre avec mon duvet et la couette. Tout ça parce qu’à côté de moi, l’encens allumé commençait à consumer quelque chose d’autre.
Je me fais réveiller car il est temps de prendre la route pour Caloundra. Je n’arrive pas à émerger. J’ai comme un poids sur moi qui m’empêche de faire le moindre mouvement. Je dors si bien ici. Peut-être ai-je accumulé des heures et des heures de fatigue durant ces 9 mois de voyage et que maintenant seulement je commence doucement à récupérer.

11 février

A 3 heures de Byron, il y a une petite ville qui s’appelle Caloundra. C’est là qu’habite le père de Simon, Bill. Appartement spacieux situé au 3ème étage d’un immeuble moderne, piscine, grande terrasse et vue sur la mer . Pas mécontente d’y passer quelques jours.

Lavery père et fils

Père et fils

Je fais la connaissance de Gilles et Yvonne, les voisins de Bill, deux français expatriés depuis de nombreuses années en Australie. Nous dinons régulièrement tous les quatre. Nous passons d’une langue à l’autre. C’est un peu troublant pour les deux anglo-saxons.

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Caloundra a une jolie plage mais c’est essentiellement une ville de retraités. Je n’y rencontre pas beaucoup de jeunes.

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13 février

Certes on mène une vie paisible à Byron mais pas complètement dénuée de dangers. Surfer est finalement un sport assez dangereux. Bien plus que la boxe par exemple où il ne m’est jamais rien arrivé. Il y a les requins déjà, mais la planche présente elle même un danger potentiel.

Nous partons donc surfer à Watergos. Les conditions n’ont jamais étaient aussi bonnes pour moi. Les vagues ne sont pas impressionnantes et largement surfables. Je prends la première sans difficulté et sur plusieurs mètres je glisse tout doucement quasiment jusqu’au bord de la plage. La deuxième m’emmène de la même manière et j’essaie alors de la prendre un peu sur le côté. L’écume trop forte de la vague me barre la route et je tombe avec douceur dans l’eau. J’ai le sourire quand j’émerge la tête de l’eau, satisfaite de mes deux premières vagues. J’ignore combien de secondes s’écoulent entre ce moment et celui où je reçois un choc sur la tête mais ça arrive à un moment où je ne m’y attends pas du tout. La planche de surf, éjectée en hauteur lors de ma chute, m’est retombée dessus. Je me hisse rapidement sur ma planche et je regagne le bord. Je pose ma main sur ma tête et  je constate que je saigne.

Je m’assois sur le sable en attendant Simon. Quand je me relève je commence à voir des étoiles. J’ai le cœur qui bat à toute vitesse. Simon arrive et voit que je ne vais pas bien du tout. Quelle sensation désagréable que d’être au bord de l’évanouissement. C’est très dur à décrire et la seule chose que l’on souhaite c’est soit que ça s’arrête soit de vraiment perdre connaissance. Une compresse sur la tête nous retournons à la maison. Quelques instants plus tard je vomis tellement le choc a été violent.

Par précaution nous allons aux urgences. L’occasion d’utiliser pour la première fois, mon assurance qui m’a couté une fortune. Dans la salle d’attente je papote avec un homme qui vient d’amener son ami, étranglé par le leash de sa planche de surf. Je l’ai croisé un peu plus tard, certes avec une minerve, mais il avait l’air plutôt en bonne santé.

On m’applique de la glue sur la blessure et je repars avec l’instruction de ne pas me mouiller la tête pendant au moins 4 jours. Plus de surf ni de baignade pendant tout ce temps. Ça va être dur.

Et Mélanie, arrête de voir des cochons d'Inde partout

Et Mélanie, arrête de voir des cochons d’Inde partout !

14 février

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16 février

Je ne peux toujours pas me baigner. Contrainte de rester à bronzer sur la plage. Pfffff…

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17 février

Je commence à cogiter de plus en plus sur mon retour. Je ne me suis pas endormie avant trois heures du matin la nuit dernière. J’ai fait une sieste sur la plage après avoir fait trempette dans le Tea tree lake. Il a comme son nom l’indique, la couleur du thé ou plus précisément du bois qui déteint dans l’eau. C’est un lieu sacré aborigène. Je m’allonge quelques instants dans l’eau et un banc de petits poissons curieux commencent à me chatouiller les pieds et les doigts. C’est amusant au début puis ça l’est beaucoup moins quand la taille au-dessus vient me mordiller le ventre.

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Sur le chemin du retour je me perds un peu dans mes pensées. Plusieurs choses commencent à me tourmenter. Quand je retrouve mes esprits je ne sais plus où je suis ni si je suis toujours sur le bon chemin. Je continue un peu et réalise que je suis presque arrivée.

18 février

Tima, Simon et moi partons pour les Killen Falls, des chutes d’eau à proximité de Byron. Nous parcourons un chemin boueux au milieu d’une rainforest dans lequel il m’a semblé croiser mes copines les sandflies. Nous avons donc accéléré pour tenter de les éviter le plus possible. Nous arrivons à un point d’eau dans lequel se jette une cascade d’une dizaine de mètres. Nous passons un bon moment à nous baigner et profiter de la chute d’eau.

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3 semaines déjà que je suis revenue de Nouvelle-Zélande  et pas un jour sans que je savoure et apprécie un moment de la journée. J’essaie d’en profiter car bientôt, tout ceci sera fini…

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Catégories : Byron Bay, New South Wales | Un commentaire

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Une réflexion sur “Chronique de Byron Bay

  1. alaix

    Super !
    Ne te prends plus la tête, reste là-bas 😉

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