C’est reparti sur l’île du sud

Le ferry se dirige lentement vers Picton. Là-bas nous débarquons sur l’île du sud. Les routes sont sinueuses et bordées de forêts denses.

Nous faisons une pause près d’un lac. Pendant que papa récupère une petite heure à l’arrière du camping-car je fais mon premier bain en Nouvelle-Zélande. L’eau n’est pas si fraîche. Et sans nuage, il peut faire vite très chaud dans le pays. Ces quelques brasses en compagnie des mouettes et des canards sont délicieuses.

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Le soir, dans le camp où nous allons passer la nuit, règne un silence total. On n’entend pas un oiseau, pas un insecte. L’endroit serait parfait si les sandflies ne venaient pas en masse nous attaquer les jambes. Ce sont des petites mouches communément appelées les Draculas de la côte Ouest. Leurs piqures sont moins douloureuses que celles des moustiques mais elles sont beaucoup plus nombreuses et je réaliserai plus tard que les terribles démangeaisons de leurs piqures font effet plusieurs jours après. Avant de partir de notre camp, je fais un véritable carnage contre les vitres. Sans scrupules je commence à massacrer toutes les sandflies avec un journal puis j’anéantis les rescapées une par une en les écrasants de l’index.

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A l’heure du couché, les moustiques cette fois sont venus hanter le camping-car. J’en tue une quinzaine. Pendant la nuit de nombreux survivants ne manqueront pas de venger leurs congénères.

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Les premières gouttes de pluie tombent sur le toit du camping-car. Jusqu’à présent chanceux avec le temps, nous n’avions pas imaginé que la pluie et les épais nuages pourraient venir nuire à notre voyage.

Nous devions consacrer cette journée à la découverte des glaciers Fox et Franz Joseph. C’est sous une pluie battante et une faible visibilité que nous parcourons plusieurs kilomètres à pieds. Le glacier a beaucoup réduit durant les dernières années. Toute la famille revient trempée de cette excursion.

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Nous faisons beaucoup de route l’après-midi. Nous ne croisons la présence d’aucune vie humaine. Les quelques villages dans lesquels nous nous arrêtons semblent complètement sinistrés. Il n’y a pas internet, pas de poubelles, pas de distributeurs automatiques de billets.

Le soleil refait enfin son apparition le lendemain. Nous admirons de magnifiques paysages le long des lacs. Les ombres des nuages colorent le flanc des montagnes de grandes taches sombres.

Nous faisons notre plus belle pause déjeuné non loin de Queenstown. Papa installe la table de pique-nique sur une petite butte qui surplombe un lac. Le soleil tape fort lorsqu’il n’est pas caché par les nuages.

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Le temps se gâte de nouveau l’après-midi. Un peu démoralisés nous décidons de nous payer le luxe d’un camping. Wi-fi, laverie, douche et vraies toilettes nous apportent un peu de réconfort. Jusqu’à présent nous avions du nous satisfaire de campings low-cost sans électricité.

Nous partons pour le fjord de Milford Sound. Des montagnes gigantesques s’élancent des deux côtés de la route. On se sent aussi minuscule que des fourmis.

Le temps ne s’améliore pas et nous hésitons longuement à prendre le bateau pour explorer le fjord. Bien sûr on nous vend la croisière en nous disant que les averses sont très courantes dans cette région de Nouvelle-Zélande et que les chutes d’eau seront d’autant plus impressionnantes lorsqu’elles viennent se jeter dans le fjord. Nous n’avons pas fait tout ce chemin pour rien et nous décidons donc d’y aller. Nous ne regretterons pas.

On y voit des phoques qui se reposent sur des roches au pied des falaises. On admire de magnifiques cascades qui parfois n’atteignent jamais le fjord en raison des fortes bourrasques de vent qui les transforment en embrun. Le bateau quitte le fjord et s’engouffre dans la mer. Celle-ci est agitée. Le bateau bondi sur des vagues qui font parfois des creux de 2,50 m. Nous faisons vite demi-tour et retournons naviguer à l’abri dans le fjord. Nous découvrons d’autres belles chutes d’eau qui ne rendront jamais aussi bien sur les photos qu’en réalité.

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Sur la route du retour, nous rencontrons arrêtés à l’entrée d’un tunnel des kéas. Peu effarouchés, ces ternes perroquets viennent nous rendre visite espérant que nous leur donnions quelques morceaux de pains. C’est en déployant leurs ailes, que nous pouvons apercevoir leurs plumes rouges vives qui se cachent sous leur plumage. Ces sympathiques oiseaux ne peuvent pas voler.

Nous quittons le temps pluvieux de la côte Ouest pour longer la côte vers l’Est. De longues plages désertes de sable noire s’étendent sur le littoral et des grosses vagues commencent à se former au large. Phoques, pingouins et dauphins sont visibles le long de la côte.

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Les Moeraki boulders rocks

Les Moeraki boulders rocks

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Je me fais brutalement réveiller pendant la nuit par d’horribles démangeaisons. Le venin de ces saletés de petites mouches qui m’avaient piquée quelques jours auparavant commencent à faire effet. Je les maudis tellement je me gratte, parfois jusqu’au sang.

Pendant que papa se repose de ces longues heures de conduite, maman et moi allons marcher le long d’un sentier qui nous mène à une plage. Nous l’atteignons en dévalant une dune. Au bout, des phoques se prélassent sur des rochers. Nous nous apprêtons à rentrer quand soudain maman me crie de regarder dans la mer. Une petite tête noire nage vers nous et dans la minute qui suit un impressionnant lion de mer commence à courir sur la plage. Maman ne perd pas une minute de la scène en filmant le mammifère qui est, à mon avis, un peu trop près de nous. Nullement impressionnée, maman continue à filmer. Contente de sa prise de vue, nous repartons impatience de montrer la vidéo.

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J’ai de nouveau de vives démangeaisons pendant la nuit. C’est toujours un des premiers sujets de conversations que nous avons le matin puisque je ne suis la seule à souffrir de ces nuisibles. J’en viens même à préférer les moustiques. C’est une torture.

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Les jours qui suivent sont les plus beaux souvenirs que j’aurais de la Nouvelle-Zélande. Notre route nous mène au Mont Cook. Sur le trajet, un lac d’un bleu turquoise presque surnaturel s’étend dans la vallée. Nous roulons jusqu’aux pieds du Mont et contemplons les neiges éternelles et les glaciers accidentés.

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Le soir, nous campons dans le plus beau site de notre voyage. D’où nous sommes, nous apercevons le Mont Cook et le lac en contrebas.

Comme chaque nuit mes piqures me réveillent. Alors que je commence à me gratter énergiquement mon regard dévie sur la fenêtre et j’aperçois dehors une fabuleuse voie lactée. Oubliant un temps mes démangeaisons je sors du camping-car en plein milieu de la nuit et je m’émerveille devant un ciel remplit de milliards d’étoiles.

Le lac Tekapo, un lac semblable à celui que nous avons vu la veille, se situe à quelques kilomètres de notre dernier campement. D’une petite église en pierre nous pouvons admirer la vue sur le lac du même bleu avec en fond des montagnes enneigées. Nous roulons sur une colline abrupte et atteignons un observatoire d’où la vue est imprenable.

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Nous déjeunons près d’un petit lac où nous ne croisons que des palmipèdes. Une colonie de canards nous encercle en mendiant quelques croutons. Même d’adorables canetons viennent se joindre à notre déjeuner.

Ça sera mon dernier bain dans le pays des kiwis. Le soleil tape et l’eau du lac rafraîchit. Elle est transparente et c’est de sable clair que le lac est tapissé.

Il ne reste plus beaucoup de kilomètres qui nous séparent de Christchurch. Ce qui signifie que c’est bientôt la fin de ce beau voyage.

Nous passons notre dernière nuit dans un camping à Geraldine. La veille nous avons diné au restaurant pour fêter notre dernière soirée. Nous avons testé des poissons locaux (saumon et morue bleue) ainsi qu’un vin du pays.

Nous rendons le camping-car. Il n’y a aucune complication alors que nous nous attendions au pire depuis notre dernière mauvaise expérience avec l’agence de location. J’accompagne papa et maman à l’aéroport. C’est l’heure des adieux. Je suis triste et j’ai la gorge serrée de les laisser après ces 3 semaines passées ensemble. J’ai vite envie de partir pour ne pas me mettre à pleurer. Il n’en faudrait d’ailleurs pas beaucoup à maman pour qu’elle-même verse sa petite larme.

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On s’embrasse en se disant à dans 2 mois. 2 mois… j’ai plus que jamais réalisé que la fin approchait en passant du temps avec eux. On a parlé de mon travail, de ma vie à paris, de la famille et de mes amis. Une façon de me reconnecter en douceur avec ce qui m’attend bientôt : la vraie vie. Je dois commencer à me préparer. D’après eux je suis restée la même. Tout reprendra son cours. La même Aurélie, dans la même ville, avec le même travail et le même appartement.

L’escalator de l’aéroport me fait descendre et nous nous faisons les derniers signes de la main pour nous dire au revoir jusqu’à ce que nous ne nous voyions plus.

Il est temps maintenant que j’aille dans le centre de Christchurch pour me trouver un toit où dormir. Mon avion ne part que demain.

Un peu chargée avec mon sac à dos je fais la tournée des backpackers. Tous sont complets et je commence à me demander où je vais bien pouvoir passer la nuit. Au dernier refus, je demande où je peux encore dormir pour un prix abordable. On m’indique une adresse un peu plus loin. Un peu hésitante je sonne à la porte d’un bâtiment qui ressemble plus à une maison qu’à un hôtel. Un vieil homme étrange avec les mêmes lunettes que Francis Heaulme m’ouvre la porte. Il n’est pas très souriant et me laisse attendre dehors pendant qu’il vérifie s’il y a une chambre de libre. J’ai le choix entre un dortoir et une chambre pour moi toute seule. Lassée des backpackers et contente de savoir que plusieurs clients logent dans cette maison je prends la chambre. La déco est kitch et vieillotte mais le prix est abordable et la chambre confortable. J’ai réussi à dérider le vieil homme qui est finalement charmant.

Je pars explorer la ville le lendemain. C’est avec beaucoup d’émotion que je parcours les rues encore profondément marquées par le terrible tremblement de terre de 2011. De grands carrés de terrains libres s’étendent de part et d’autre de la route. Les gravats des bâtiments détruits ont dû être retirés. La ville semble être tout juste en construction. Des grues et des bâtiments neufs sont visibles un peu partout. D’autres en revanche restent sinistrés au milieu de tout. Les entrées sont condamnées. Quelques rideaux déchirés volent à travers les fenêtres brisées et à l’intérieur on peut apercevoir les restes d’un décor de fin du monde.

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Cette ville m’aura tout de même agréablement surprise. D’abord par l’ambiance un peu pesante qui y règne et ensuite par la volonté de reconstruction et d’y faire des lieux où il est agréable de trainer.

Ainsi s’achève cette parenthèse néo-zélandaise. Je garderais un souvenir incroyable de ces fabuleux paysages. Mais je garderais surtout en mémoire tous ces agréables moments partagés avec mes parents.

Illustration en images : http://www.magisto.com/video/MQIZJUMLCDstQQJgCzE

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Catégories : Nouvelle-Zélande | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “C’est reparti sur l’île du sud

  1. Brigitte

    Très beau reportage de ton séjour en Nouvelle-Zélande avec papa et maman ….
    Les sandflies ont laissé des souvenirs !

  2. alaix

    Très sympa ce post 😉

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