Retour à la vie urbaine : 15 jours un peu durs à Melbourne

Après beaucoup de tergiversations, j’ai décidé de revenir à Melbourne, la ville dans laquelle j’avais posé pour la première fois le pied en Australie. Sydney, Melbourne, Port Stephen, Jervis Bay, une autre famille d’accueil comme celle de Rockampton… J’avais l’embarras du choix, mais savoir quel était le bon, était beaucoup moins évident. Sans avoir besoin de procéder par élimination, j’ai opté pour celui qui m’offrirait peut-être le plus d’opportunités. Je savais aussi que là où j’allais être hébergée, on ne parlerait pas français.

A Melbourne donc, je suis retournée frapper à la porte des Ibbott. J’avais un peu honte de débarquer si soudainement. Ils m’ont dit que j’étais la bienvenue et que je pouvais rester ici aussi longtemps que je le voulais.

Certaines choses ont changé ici. 3 poules ont élu domicile dans le jardin et Angus a investi la chambre d’amis pour y installer son bureau. J’ai donc une petite contrainte horaire tous les matins pour lui permettre de le laisser travailler.

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J’aimerais éviter de m’incruster trop longtemps. L’idée, c’est que je trouve vite un travail pour ensuite trouver un logement à proximité.

Deux jours plus tard, la boule au ventre, je suis partie avec un tas de CVs dans mon sac pour aller démarcher restaurants, cafés et pâtisseries. Sur le chemin j’essayais de me persuader que je n’avais aucune raison d’avoir peur. Je n’avais rien à perdre et tant pis si on me recevait mal, au moins j’aurais essayé. J’ai respiré un bon coup et je suis rentrée dans le premier café trouvé sur mon chemin. Ce fut un refus. Je suis ressortie, et je me suis dit que ça c’était malgré tout plutôt bien passé. Le second était une pâtisserie. C’est une backpackeuse japonaise comme moi qui tenait la boutique. Évidemment elle occupait le seul poste potentiel. On a fait un brin de causette puis elle m’a souhaité bonne chance. J’ai ainsi passé l’après-midi à déposer une douzaine de CVs. Par politesse je pense, les gens les ont pris en sachant pertinemment qu’ils n’y donneraient jamais suite.

La seule piste crédible m’a donné un peu d’espoir. L’homme m’a accueilli chaleureusement. Il a pris mon cv. A essayé de prononcer mon nom. Comme tout le monde en Australie, il en a été incapable, je lui ai donc conseillé d’essayer en disant : « Oh really ? ». Ça l’a fait rire. Il m’a dit qu’il m’appellerait pour un test le dimanche. Quand j’ai quitté le restaurant il m’a dit en me pointant du doigt et en souriant : « I like you ! ». On est samedi soir, et je n’ai toujours pas de nouvelle…

Pour ne pas trop m’imposer chez ma famille d’accueil, j’essaye de sortir pendant la journée. Le temps commence à être estival. Je suis ainsi capable de rester des heures dans les parcs de Melbourne à me prélasser au soleil en bouquinant. La plage de Pambula me manque. J’aimerais pouvoir me baigner ou surfer pour me rafraichir dans l’océan bleu de l’Australie.

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J’ai mal dormi cette nuit. C’est la première fois depuis que je suis en Australie que je ne tombe pas dans un profond sommeil. A 4h je maudissais ma montre. Dormir de nouveau dans la même pièce que 6 mois auparavant nous pousse peut-être à faire une rétrospective de tout ce qu’il s’est déjà passé ici. J’ai pensé à tout ce chemin déjà parcouru, à mes appréhensions actuelles sur la recherche d’un travail et d’un logement, et sur ce qu’il m’attend pour les 5 mois qui suivent. La chaleur de la pièce n’aidait pas non plus à trouver le sommeil.

Le lendemain, à 11h je suis retournée au restaurant qui ne me donnait pas de nouvelle. J’ai demandé à l’homme s’il me reconnaissait. Un peu penaud mais souriant il m’a demandé si j’étais disponible maintenant. J’ai fait un test avec la serveuse qui m’a expliquée pleins de choses très utiles. Malheureusement mon manque d’expérience pour faire des cafés n’a pas convaincu. Entre les cappuccinos, les latte, les long black, les flat white… j’étais complètement perdue. Mais le patron a surement eu un peu pitié de moi. Il m’a dit qu’il ne me gardait pas mais qu’il avait dans la rue d’autres restaurants qui me conviendraient mieux et où je n’aurais pas à faire les cafés. Il passerait quelques coups de fil pour moi.

Sans trop y croire je suis partie un peu déçue. J’ai redéposé encore une dizaine de CVs dans une rue bondée de restaurants. Je suis rentrée un peu démoralisée le soir mais vers 18h30, j’ai reçu appel. Une femme avec un accent italien me demandait de me rendre à un restaurant à 20 minutes à pied de là où j’étais. Après un court entretien, elle m’a proposé de revenir dans deux jours pour une formation. J’avais déjà déposé mon cv dans ce restaurant, mais je ne serais finalement pas si étonnée que l’homme qui ne m’avait pas embauchée l’après-midi, ait tenu sa promesse.

J’ai fait cet essai. Il fut assez concluant sur le moment puisque la femme m’a dit qu’elle était quasiment sûre de me prendre car elle avait été très satisfaite de moi. Elle devait voir quelqu’un d’autre puis elle m’appellerait dans 3 jours. Confiante j’ai donc passé ces quelques jours à profiter de Melbourne. Un jour de très beau temps je suis allée à la plage. Il faisait tellement chaud que je faisais sans cesse des allers-retours à la mer pour me rafraîchir. Les plages vers Melbourne n’ont rien des belles plages que j’ai eu la chance de découvrir quelques semaines auparavant. Elles ressemblent plus à Ouistreham avec des gros bateaux de croisières au loin.

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Grosse déception quelques jours plus tard, la femme m’annonce que finalement elle a choisi l’autre. Je dois repartir faire la tournée des cafés et restaurants. Je déteste toujours autant faire ça même si à chaque fois, les gens sont toujours très agréables. Trop peut-être, avec leur sourire hypocrite ils me demandent chaque fois de laisser mon CV…

Heureusement entre deux journées de recherches d’emploi j’ai passé d’agréables soirées en compagnie de quelques amis de Cairns. Des soirées sur la plage de Saint-Kilda à boire des bières en admirant le couché de soleil.

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Ça va faire deux semaines que je suis ici. Au final je n’ai eu que quelques pistes pour le travail mais rien de concret. J’ai eu un autre test dans un restaurant en tant que serveuse mais ils ne m’ont jamais rappelée et je les soupçonne de m’avoir fait venir pour avoir de la main d’œuvre gratuite un jour de rush. J’ai aussi eu un entretien dans une boulangerie qui voulait m’envoyer en formation pour faire des cafés sans m’assurer de poste derrière.

Les choses ont fini par se décanter. La formation de barista (le petit nom classe pour appeler les gens qui font des cafés) s’est avérée être très intéressante et fut payée par le propriétaire de la boulangerie. J’ai passé l’après-midi à apprendre sur l‘extraction des expressos et sur la façon dont il fallait faire chauffer le lait pour obtenir un cappuccino parfait.

2 jours après je travaillais chez Filou’s bakery. Je faisais des cafés et je vendais viennoiseries, quiches, pains et pâtisseries. Je n’aurais pas pu trouver un travail qui me correspondait mieux que celui-ci.
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L’étape suivante était donc de trouver l’appartement. Ça été plus facile que de trouver un travail, et ça était bien plus simple qu’à Paris.

Ma seule contrainte était de trouver un appartement pas trop loin de la boulangerie. Je serais amenée parfois à commencer à 6h et aucun tram ne pourrais m’y conduire. L’autre possibilité était de me trouver un vélo pour réduire le temps que j’aurais à parcourir jusqu’à mon travail. En sortant d’une de mes visites, je l’ai vu. Tel un don du ciel un vélo reposait couché sur une bande de pelouse. Je n’ai pas osé le prendre au début. Je suis partie et après avoir laissé passé une bonne demie heure j’y suis retournée ne pouvant m’empêcher de penser que ce vélo me serait définitivement très utile. Il était toujours là, un antivol enroulé sur lui-même. Il n’attendait que moi.

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J’ai visité en tout 6 chambres, la dernière était la bonne. Elle se trouvait dans une petite maison dont l’accès se fait par une jolie rue très calme dans Fitzroy, un quartier chic de Melbourne. Il faut parcourir un sentier ombragé par les arbres d’un jardin laissé à l’abandon. La maison est habitée par deux frères australiens. L’un en est le propriétaire. Tout est moderne et neuf et il y a même une piscine. Le loyer n’est pas si excessif, je n’ai eu aucun document à fournir et aucun dépôt de garantie à avancer. Bref je suis impatiente d’aller y habiter.

Tout a donc fini par s’arranger. J’ai rencontré plusieurs personnes qui m’ont dit que deux semaines pour trouver un job à Melbourne étaient très peu et que j’avais été chanceuse. J’aurais déposé une quarantaine de CVs et on m’a dit que la norme était d’en déposer une centaine avant d’avoir la moindre piste concrète.

Cette expérience fait partie du jeu. Tous les backpakeurs en Australie doivent passer par des moments un peu durs, parfois même très durs d’après plusieurs témoignages.

C’est peut-être ça finalement le meilleur d’un voyage, se rappeler en souriant des difficultés rencontrées et en ressortir plus fort, fière d’avoir su les surmonter.

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Désolée pour la photo mais j'avais déjà un peu honte de demander seulement au bout de mon 3ème jour qu'on me prenne en photo, je n'allais pas en plus faire ma difficile...

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Catégories : Melbourne, Victoria | 6 Commentaires

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6 réflexions sur “Retour à la vie urbaine : 15 jours un peu durs à Melbourne

  1. MARTINET

    Super! Je t’imagine tout à fait dans ce job! Ce petit tablier te va à ravir ! Bisous et bon courage.

  2. MARIE Elsa

    Classe , je suis pressée de te voir revenir et nous faire une petite démo de tes supers cappuccino!!des bisous
    Elsa

  3. Brigitte

    Tu vas être le reine du Cappuccino. Note bien toutes les recettes.
    Surtout porte bien ton casque sur ta magnifique bicyclette !
    Bisous

  4. Alaix

    Tu as volé un vélo laissé là en toute confiance par sa précédente propriétaire ?!! Pfff, tu as bien changée !
    😀
    Super pour le job !

    • 🙂 Mais non arrêtez à la fin !!! Je l’ai pas volé ce vélo ! Qui laisse un vélo couché au milieu d’une rue, à la vue de tous, avec un antivol enroulé sur lui même ? Ceci était mon droit de réponse à l’égard de tous les gens qui me soupçonnent d’être une voleuse… :-p

  5. Sabine

    Super, voilà une bonne occasion de pratiquer ton anglais et en plus, tu apprends à faire des cappucinos : cela pourra sûrement te servir pour la suite de ton périple 😉
    Et si ça peut te réconforter, j’aurais fait pareil avec le vélo !!

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