Housekeeper : mon premier job en Australie

Vaccum, rag, broome, mop… après 8 jours à travailler en tant que femme de ménage, je vais connaître par cœur le vocabulaire associé à la profession.

SalleRéveillée à 6h du matin tous les jours, je prends à 6h45, avec d’autres intérimaires, la voiture de l’agence d’intérim qui m’amène à Port Douglas dans un resort de luxe. Je prends le service à 8h30, j’ai une demi-heure de pause à 11h pour déjeuner dans une petite salle pour le personnel et je finis ma journée vers 16h. Je dois alors attendre les autres intérimaires et repartir pour une heure de route vers Cairns. La route est magnifique. 70 km de côte et une vue incroyable sur la mer.

Elis_beach

road_montagne

La plupart des autres intérimaires sont backpackers comme moi. Je fais la connaissance de Yetta, une taiwanaise, Helena, une allemande, Lucas, un italien, Patrick, un anglais… Je sympathise avec Shashi, une indienne plus âgée, qui n’a pas le Working Holidays Visa et qui est venue en Australie pour se rapprocher de sa fille, qui y habite. Shashi est une belle personne, comme on n’en rencontre pas assez ici. Elle est gentille, douce et calme. Elle porte un regard bienveillant sur moi et ma touchée lorsqu’elle a témoigné sa réjouissance de me retrouver dans mon équipe un jour.

Shisha et Yetta

Shashi et Yetta

Hôtels, villas, golf, plage et piscine s’étendent sur 130 hectares. Tout est parfaitement entretenu. Le resort emploie beaucoup de personnel pour soigner le jardin, les constructions et la propreté. Un jour, un jardinier nous a appelé pour nous montrer un python, caché dans les buissons. Entouré sur lui-même, nous ne semblions pas l’importuner.

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Je suis chargée de nettoyer les villas. Tous les jours, je découvre qu’elle sera mon équipe. On part à trois dans un van et on parcourt le resort de villas en villas pour les nettoyer de fond en comble (lorsqu’on fait le « For clean ») ou juste pour faire les lits, nettoyer rapidement les salles de bain et changer les serviettes (« Service »).

Le premier jour, Kelly et Alex, deux australiens, ont été chargé de me former. Alex n’est pas très bavard. Kelly en revanche, est une petite femme pleine de vie, qui rigole tout le temps et qui s’adresse à moi en me lançant des « sweety » à tout bout de champs.

Le deuxième jour je suis avec deux autres australiens : Karen et Warren. Warren est surement le plus cool de tous. Il me parle pour me faire pratiquer mon anglais aussi souvent qu’il peut. Karen par contre est la pire. Elle parle un anglais incompréhensible, et je la soupçonne d’en faire un peu exprès, elle est toujours derrière mon dos pour vérifier mon travail, et elle n’hésite à me faire revenir sur mon ménage si ce n’est pas complètement parfait (3 gouttes d’eau dans la baignoire, le sol trop mouillé après que j’ai passé la serpillière…). Je dois ravaler ma fierté. C’est dur de se faire reprendre sur un métier parfois ingrat. Bref je sais chaque matin si la journée sera bonne dès que j’ai la composition de mon équipe.

Je découvre chaque jour des villas magnifiques. Des sols en marbre, des baignoires d’angles à remous, des salons spacieux, des cuisines parfaitement équipées, des chambres illuminées et des pièces à vivre décorées avec style. Certaines donnent sur le golf, d’autres sur un petit jardin au fond du quel on tombe sur un chemin qui traverse quelques mètres de cocotiers et qui donnent sur une plage paradisiaque. La nuit la moins chère est à 650 $ et la plus chère… à 1500 $ (environ 1000 €).

mer

Villavilla_interieur

salle_de_bain

Je dois me rendre là-bas avec l’uniforme de mon agence d’intérim. Sur place, je suis censée changer de tenu si je travaille dans les villas ou dans les chambres d’hôtel. Comme je ne travaille qu’en villa, je dois enfiler un polo bleu et un short beige.

J’ai cru les trois premiers jours que je ne tiendrais jamais. On marche toute la journée, on frotte, on piétine, on transpire, on doit se concentrer sur les instructions. Je suis comme dans ghostbuster avec mon aspirateur dans le dos. J’avais mal aux pieds à force de rester trop longtemps debout et mal aux mains à force de manipuler des produits chimiques pour le nettoyage. Je plains vraiment les personnes qui font ça tout leur vie. Je les admire. Chaque soir je me disais que ce travail était horrible mais finalement dans la journée, comme un bon petit soldat je faisais mon travail sans me poser trop de questions.

Passé les débuts, j’ai commencé à m’habituer et j’arrive mêmes à y trouver une certaine satisfaction. D’abord car j’ai une activité physique pendant la journée, aussi car je peux parler anglais avec l’équipe et ensuite car je récupère des sacs entiers de nourriture que les clients ont laissé. Lorsque que l’on entre dans une nouvelle villa que les clients ont tout juste quittée, on peut trouver toutes sortes de trésors dans le frigo, les placards, sous les coussins des canapés. Je me suis refait une collection d’élastiques pour mes cheveux, j’ai récupéré un masque de plongée à 169 $ et chaque jour je reviens au backpack les mains chargées de nourriture.

Je me suis surprise aussi à avoir certains travers voyeuristes. Lorsque l’on est en « service », on pénètre dans l’intimité des gens. On s’introduit dans leur chambre, leurs pièces à vivre et leur salle de bain. Leurs affaires personnelles sont laissées en évidence et je ne peux m’empêcher d’imaginer leur vie avec les indices que j’ai devant les yeux. J’ai eu quelques anecdotes marrantes, comme le jour où j’ai vu, derrière la vitre de l’entrée, un client courir tout nu dans les escaliers, juste après que l’on est frappé à la porte pour l’avertir de notre arrivée.

J’ai reçu mon bulletin de paie tout à l’heure. Pour 6 jours de travail j’aurais gagné 533 $ (368 €). L’agence ma retiré 84 $ pour la voiture qu’elle me fait emprunter tous les jours, et 25 $ pour le polo de l’agence que je suis obligée de mettre pour me rendre dans le resort. Je dois me satisfaire de ce travail car j’ai décidément eu de la chance de l’avoir. Tout le monde galère pour trouver du travail et toutes les personnes qui sont retournées dans l’agence d’intérim n’ont eu que des refus. Malheureusement, le resort avait besoin de personnel pendant une courte période et depuis aujourd’hui, je ne travaille plus de la semaine et je ne suis pas assurée de travailler de nouveau la semaine prochaine. A l’heure qu’il est je n’ai peut-être déjà plus de travail.

polo

Finalement, ce job fut tout de même assez distrayant. Bien sûr, j’en repartais tous les jours un peu frustrée de n’être que la cleaneuse, tant de richesses et de belles choses étalées devant mes yeux me faisait prendre conscience que jamais je ne pourrais goûter à un tel luxe de confort. J’aurais touché de mes mains un paradis inaccessible.

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Catégories : Queensland | Un commentaire

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Une réflexion sur “Housekeeper : mon premier job en Australie

  1. sabine

    Très joli uniforme Aurélie ! J’espère que tu vas trouver du boulot pour les prochains jours.
    De mon côté, j’ai rencontré jeudi dernier mon amie Sonia, une Australienne de Melbourne qui passe quelques semaines en Europe avec son mari. Nous nous connaissions depuis des années via un forum de scrapbooking et c’était donc assez extraordinaire de nous voir en vrai. Et une agréable surprise pour moi : mon niveau d’anglais est meilleur que ce que je pensais !!
    Dans l’attente de tes prochaines aventures !! Bises, Sabine

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