Direction Cairns

Nous prenons la route avec Alexis, le mardi 24 juin. En fin, d’après-midi, j’y vois le plus beau couché de soleil depuis que je suis en Australie.

Les paysages qui bordent la route sont toujours aussi changeants, parfois des étendues de buissons, parfois des plaines d’herbes jaunes. Et bien souvent, des champs de termitières de part et d’autre de la route.

champ_termitestermitiere

On croise, dans les roadhouses, des australiens en chapeau aux allures de cowboys.

On est sur la route et on est bien. Parce qu’on ne se soucie de rien. Le temps semble s’arrêter car on sait que tant qu’on est ici, on n’a rien à faire pour orienter notre destin. Notre seule option est de suivre la route.

Parfois on discute (en français malheureusement), on observe les oiseaux (des rapaces essentiellement mais aussi parfois des perroquets) et on regarde sans vraiment regarder le paysage, perdus loin dans nos pensées. On pense à tout et à rien, surtout à tout en fait, à notre vie ici, à notre vie en France, à ce (et à ceux) qui nous manque, à ce que l’on ne regrette pas. On prend conscience que certaines petites choses du quotidien là-bas étaient finalement pas si mal et qu’on devra penser à les apprécier quand sera venu le temps de les retrouver. Mais on apprécie aussi le fait qu’ici on n’a pas d’horaires, pas d’impératifs, on vit au jour le jour sans savoir de quoi sera fait chaque fin de journée.

Rapaces

Nous faisons une courte halte dans la ville de Tennant Creek. C’est à ce niveau qu’en venant d’Alice Springs il faut opter pour la route qui part à Darwin, ou celle qui mène à Cairns. Ce lieu donne une impression étrange. Un contraste de petite ville occidentale avec des images de Tiers-monde. Le long de la route, on y croise des aborigènes qui marchent tels des zombies, pieds nus. Le regard un peu perdu. Certains de leurs enfants marchent en petits groupes et semblent livrés à eux-mêmes.

Avec Alexis nous commençons à installer une routine de petit vieux. Quand on arrive sur un camp nous commençons d’abord par aller chercher du bois, je monte ma tente, il installe son lit dans la voiture. Il sort la table, les chaises, le camping-gaz et la caisse qui contient tout ce dont on aura besoin pour préparer notre dîner. Pendant ce temps, j’installe mes affaires dans la tente. On allume le feu, on prend une bière pour l’apéro en attendant 19h, l’heure de commencer à préparer le dîner. Tout en observant le feu, on discute, de nos vies en France et à Paris, de notre enfance et de nos histoires d’adolescents.

alexis_feu

Une nuit, le vent s’est levé. Au petit matin, je me suis demandée un court instant après avoir ouvert un œil, pourquoi de ma tente, j’avais vue sur une partie du bush. J’ai alors réalisé que la première toile de la tente s’était envolée pendant la nuit et que je voyais dehors à travers la moustiquaire. Heureusement la première partie de la tente n’était pas partie bien loin.

Une autre nuit, où nous étions dans un camp désert alors que guide et brochures nous matraquaient de réserver notre emplacement, je me suis réveillée en pleine nuit la peur au ventre. Quelque chose ou quelqu’un se déplaçait autour de la tente. J’ai tenté un : « Alexis ? », espérant que ce dernier s’était levé pendant la nuit. Il y eu un silence, puis plus rien. Je ne saurais jamais ce qu’il y avait près de ma tente cette nuit-là, mais je me dis encore que si c’était un animal, je serais bien curieuse de savoir quelle bête étrange puisse avoir une démarche aussi semblable à celle d’un humain.

Nous empruntons des pistes accidentées et poussiéreuses. Nous roulons les fenêtres ouvertes et mes cheveux sont secs, fins et usés comme de la laine de verre. Nous traversons des rivières sans pont. La voiture d’Alexis est tout à fait appropriée pour ce genre de terrain.

Voiture_poussiere

voiture_riviere

En reprenant la voiture le lendemain, nous dépassons un troupeau de vaches encadrés par des cowboys à cheval. De temps en temps, des wallabies nous coupent la route et c’est en seulement deux sauts qu’ils disparaissent dans les herbes hautes du bush.

Nous approchons de Cairns et sommes stupéfaits de constater à quel point le décor à changer. C’est vert, montagneux et la présence humaine à repris du terrain.

Nous faisons un détour par Milla Milla. J’ai parfois l’impression de retrouver des paysages du Cotentin. Il y a des vaches noires et blanches, l’herbe verte et grasse abonde. Plein de petits champs délimités par des clôtures s’étendent à perte de vue. Seules les fougères arborescentes donnent de l’exotisme au panorama. Milla Milla est réputée pour ses gigantesques chutes d’eau. C’est avec beaucoup d’émerveillement que nous découvrons chacune de ces fontaines.

Le soir, c’est la première fois depuis longtemps que nous campons sur un site si peuplé. Non loin de notre camp, nous entendons un groupe de français qui fait un boucan monstrueux. Ils parlent forts, montent le son de la musique et se vantent d’avoir volé dans des supermarchés. J’éprouve un sentiment de honte vis-à-vis de ma nationalité. Dans un camp plein de familles australiennes, paisiblement installées avec leur camping-car ou caravanes, des français viennent troubler leur tranquillité. Je ne suis pas très fière.

En allant vers Cap Tribulation, j’ai l’agréable sensation de me croire à la Réunion. Les montagnes à l’horizon, le vert de la végétation, les champs de cannes à sucre, les palmiers et les baraques en tôle me rappellent que nous sommes dans un climat tropical.

Avant mettre fin à notre voyage, nous faisons une halte à Port Douglas. C’est une agréable station balnéaire. Assez chic, les rues sont propres et les boutiques pour riches fleurissent le long de la route principale. La plage est belle et le point de vue d’en haut est remarquable.

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Il est maintenant temps de regagner Cairns. J’aurais parcouru plus de 5600 km depuis Adélaïde. Je suis partie depuis déjà deux mois et j’aurais déjà vu une quantité de choses extraordinaires. Comme toujours, un grand point d’interrogation marque la suite de cette aventure. On conclut un chapitre sans savoir ce qu’il sera écrit dans le suivant.

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